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Le PLQ prêt à ouvrir ses livres pour « toutes les époques », dit Couillard

Le premier ministre Philippe Couillard assure que le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) est libre de scruter à la loupe les dons politiques que son parti politique a reçus au cours des 20 dernières années.

« Je suis toujours d'accord pour que le Directeur général des élections regarde les livres du Parti libéral en tout temps, sur toutes les périodes qui sont jugées utiles et pertinentes, y compris si ça revient sur 20 ans. Aucun problème avec ça », a-t-il déclaré mercredi lors de la période des questions à l'Assemblée nationale. 

« On n'a pas besoin de l'inviter. Le DGE a les pouvoirs en tout temps de faire des vérifications sur tous les partis politiques pour toutes les époques jugées utiles », a-t-il ajouté.

Le premier ministre n'a cependant pas modifié sa position quant au délai de prescription à l'intérieur duquel le chien de garde des lois électorales du Québec peut donner des constats d'infraction pour toute violation à ces lois.

À l'heure actuelle, ce délai de prescription est de cinq ans. Le gouvernement s'est engagé à le porter à sept ans dans un prochain projet de loi, comme l'a recommandé la commission Charbonneau, tout en restant ouvert à la discussion.

Soulignant que cette recommandation de la commission a été faite à la suggestion du DGE lui-même, Philippe Couillard a dit vouloir l'entendre en commission parlementaire pour connaître « les raisons » qui la sous-tendent, et pour savoir « s'il est praticable et utile d'étendre la période de prescription ».

M. Couillard a fait ces déclarations après que le Journal de Montréal eut avancé qu'il était prêt à passer au peigne fin le financement du Parti libéral des 20 dernières années, pourvu que le Parti québécois et la Coalition avenir Québec fassent de même. 

Saisissant la balle au bond en début de journée, les deux partis d'opposition s'étaient montrés disposés à ouvrir leurs livres pour que les dons politiques qu'ils ont reçus au cours des 20 dernières soient vérifiés.

Une réponse insatisfaisante pour l'opposition

« Que le premier ministre dise que le Directeur général des élections a le bénéfice de la loi, ce n'est pas ce nous souhaitions », a rétorqué le chef péquiste Pierre Karl Péladeau après la période des questions.

« Ce que nous avons souhaité, c'est que le premier ministre s'engage à faire le nécessaire pour divulguer toutes les informations sur les 125 comtés et sur le fameux 127e comté », a-t-il ajouté. 

Lors de la commission Charbonneau, l'ex-directrice du financement du Parti libéral Violette Trépanier avait expliqué que le « 127e comté » représentait en fait des sommes amassées par « Marc Bibeau ou par son réseau de solliciteurs » pour le parti plutôt que pour une circonscription précise. 

Selon le leader parlementaire du Parti québécois, Bernard Drainville, le Parti libéral devrait plus précisément remettre au DGEQ tous ses documents comprenant les objectifs de financement par circonscription et les sommes amassées pour les années 2003 à 2010.

« C'est une information qui n'est pas publique. Ils ne l'ont jamais rendue publique. Ils n'ont jamais voulu la rendre publique », a lancé M. Drainville, notant que ces renseignements ont pourtant été divulgués au DGEQ par le Parti libéral à partir de 2011.

Lors de la période de questions, M. Péladeau avait sommé le premier ministre de dévoiler ces informations en brandissant un document révélé par l'émission Enquête, qui décrit les objectifs de financement et les sommes amassées pour les années 2008 et 2009. 

Le premier ministre a répondu que M. Péladeau venait « de démontrer que l'information est disponible », ce qui n'a pas manqué de faire bondir M. Drainville.

« Le problème c'est que ce document n'est pas public, ce document n'a jamais été remis au Directeur général des élections », s'est-il offusqué. « C'est les documents qui ont été rendus publics par les journalistes grâce à l'enquête de l'émission Enquête ».

Les documents remis au DGEQ, a-t-il montré, ne donnent pas les détails des objectifs et des sommes récoltées par circonscription. « Tout ce que vous avez, c'est des pointillés », a-t-il noté.

Dans la foulée des révélations d'Enquête, le directeur des communications du PLQ, Maxime Roy, avait avancé « l'hypothèse » que l'émission avait mis la main sur « un document de travail ».

De son côté, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a dit s'attendre à ce qu'un tel exercice rétrospectif mène au dévoilement d'un « musée des horreurs » des pratiques de financement du PLQ.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault estime que le premier ministre, qu'il qualifie de « spécialiste du flou », recule une fois de plus. « On sent qu'il essaie de gagner du temps et il a l'air plus de défendre les intérêts du parti libéral que les intérêts supérieurs du Québec », a-t-il dit.

« Je pense que c'est urgent de faire toute la lumière sur ces 20 années noires de financement politique au Québec », a-t-il martelé.

Le député de Québec solidaire Amir Khadir croit pour sa part que le premier ministre Couillard a « bluffé » en laissant entendre qu'il pourrait passer les livres comptables de son parti au peigne fin. 

« Il a bluffé ce matin. Quand il s'est rendu compte que le Parti québécois et la CAQ étaient d'accord, [...] il a reculé, il a eu peur », a-t-il dit.

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