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Le PLQ réclame des excuses de Carole Poirier pour « démagogie excessive »

Les libéraux exigent des excuses officielles de la députée Carole Poirier et de son chef, Pierre Karl Péladeau, au nom du PQ, pour avoir accusé, vendredi dernier, le gouvernement de violence « physique » envers les femmes. La députée Poirier s'est retractée sur cet aspect plus tôt ce matin, mais maintient l'accusation de violence économique, conséquence de l'austérité libérale.

En conférence de presse, la présidente du caucus libéral, Nicole Ménard, a affirmé qu'à défaut d'excuses de la part de la députée péquiste, elle devrait alors démissionner de ses fonctions de porte-parole de l'opposition officielle en matière de condition féminine.

Entourée de sept de ses collègues, dont la ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault, Mme Ménard a exprimé la « profonde indignation » de son gouvernement devant la « démagogie excessive et malveillante » de la députée Poirier.

Mme Ménard souligne que Mme Poirier a eu deux occasions de clarifier sa pensée - lors de l'intervention d'une collègue lors de l'étude des crédits et une autre lors d'une mêlée de presse plus tôt ce matin - mais qu'à chaque fois elle s'est plutôt « entêtée à les répéter ».

La ministre Thériault abonde dans ce sens, soulignant que Mme Poirier ne pouvait plaider avoir voulu jouer avec les mots, puisqu'elle répète textuellement et à plusieurs reprises que le gouvernement a encouragé cette violence.

Mme Poirier a franchi « la ligne du respect de nos institutions », a poursuivi Mme Ménard.

« La députée d'Hochelaga-Maisonneuve s'est expliquée, a répliqué peu après le chef du PQ, Pierre Karl Péladeau. « Elle a dit qu'elle avait utilisé une malencontreuse métaphore. Je pense que la question est réglée. Je pense que c'est maintenant aux libéraux de tempérer leurs propos. »

Carole Poirier nuance ses propos, mais reste ferme sur le fond

Devant l'imminence de la réplique de la ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault, Mme Poirier avait en effet nuancé, plus tôt ce matin, ses propos de vendredi.

« J'ai dit qu'il existait des violences physiques, sexuelles, économiques, sociales, psychologiques » vendredi, a-t-elle expliqué au cours d'un impromptu de presse à l'Assemblée nationale. « J'ai fait une contraction de phrases qui a donné ce résultat-là. »

La députée d'Hochelaga-Maisonneuve avait alors pourtant textuellement déclaré que le gouvernement, depuis deux ans, « s'emploie à mettre en œuvre des actes de violence et de discrimination sexiste, qui peuvent être physiques, psychologiques, verbaux, économiques, sexuels, sociaux et politiques ».

Bien que se rétractant sur la violence physique, elle réitère que le gouvernement libéral se livre à de la violence économique contre les femmes. « Il faut savoir que sur le fond des choses, l'austérité libérale fait mal aux femmes », poursuit-elle.

Le chef péquiste a d'ailleurs renchéri en ce sens. « Lorsqu'on pose des gestes comme ceux qui ont été posés par le régime libéral depuis son arrivée au pouvoir - et je pense particulièrement au régime d'austérité, aux CPE - ce ne sont pas des gestes qui concourt justement à ce que nous considérons être une société avancée. »

Austérité et violence économique

Questionnée par les journalistes, la ministre Thériault s'est défendue de s'indigner à retardement des accusations de Mme Poirier. Elle affirme avoir été choquée dès vendredi par les propos de Mme Poirier, mais elle a choisi de laisser ses collègues intervenir dans le débat.

Mme Thériault réfute également la théorie voulant que les mesures d'austérité de son gouvernement aient frappé plus durement les femmes. Exhibant un document de plusieurs pages, elle a déclaré que le gouvernement avait mis plusieurs mesures de l'avant pour les femmes.

Mme Thériault a réitéré sa profession de foi envers l'austérité, expliquant que son gouvernement devait prendre « des décisions courageuses » afin de céder aux générations futures un Québec « où la maison va être en ordre ».

Elle a toutefois été incapable de fournir, à une journaliste qui les lui demandait, des statistiques qui pourraient réfuter les assertions voulant que les mesures d'austérité aient fait augmenter le taux de criminalité envers les femmes.

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