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Le poids des enseignants dans le choix du prochain premier ministre

En octobre, la Fédération des enseignants de la Saskatchewan donnait un devoir à ses membres : celui de s'engager activement sur la scène politique provinciale, en devenant membres, soit du Parti saskatchewanais, soit du NPD, dans le but de faire entendre leur voix. Le premier test se fera samedi, à l'occasion de l'élection du successeur de Brad Wall.

L'appel de la Fédération s'est fait à un moment stratégique, soutient son président, Patrick Maze, au moment où les deux principales formations politiques organisaient leur course à la chefferie. Les néo-démocrates choisiront un chef en mai 2018.

Patrick Maze a le sentiment que sa fédération a de la difficulté à influencer le gouvernement. Que les enseignants de la province deviennent des électeurs au sein des partis politiques est, selon lui, une façon de prendre part au processus politique. « Nous savons que les candidats qui se présentent à des élections sont plus disposés à écouter, en particulier à écouter ceux qui ont un droit de vote. »

Nouveaux membres du Parti saskatchewanais

Patrick Maze est persuadé que, parmi les 13 000 nouveaux membres qui ont adhéré au Parti saskatchewanais ces derniers mois, il y a un grand nombre d'enseignants, même s'il reconnaît qu'il est difficile de savoir combien. « Nous savons que nous pouvons nous attribuer le mérite de certains de ces nouveaux membres, beaucoup ont montré leur adhésion sur les réseaux sociaux, d'autres nous ont appelés pour nous en parler. »

Le sociologue politique Daniel Béland, de l'Université de la Saskatchewan, estime qu'il est possible qu'un très grand nombre d'enseignants mécontents du dernier budget provincial aient répondu à cet appel à la mobilisation, qu'ils soient politisés ou non. « C'est possible que des gens achètent des cartes de membres, même s'ils ne se voient pas comme des supporteurs. Ils veulent exercer une influence sur le choix au leadership. »

Le résultat de samedi, même s'il est difficile à mesurer avec certitude, estime Daniel Béland, pourrait laisser entrevoir si des enseignants ont eu ou non une influence sur le choix du prochain premier ministre de la Saskatchewan.

« Si Scott Moe l'emporte, ou Ken Cheveldayoff, ça n'ira pas dans le sens de ce que la plupart des enseignants désirent. Mais si quelqu'un de plus modéré, de centriste, comme Gordon Wyant l'emportait, ou même Alanna Koch, peut-être que ça pourrait augmenter leur poids politique. Du moins, de façon symbolique. »

La Fédération des enseignants de la Saskatchewan représente quelque 28 000 membres dans la province.

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