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Le PQ insiste pour entendre Monique Jérôme-Forget en commission sur le scandale de la SIQ

En conférence de presse vendredi matin, la porte-parole du parti en matière d’éthique et d’intégrité, Agnès Maltais, a soutenu que cet argument, également évoqué pour refuser d'entendre l'ex-secrétaire général aux emplois supérieurs, Gérard Bibeau, « ne tient pas » la route.

L’ex-lieutenante-gouverneure du Québec, Lise Thibault, a pourtant été interrogée par des parlementaires en 2008 alors qu'elle faisait l'objet d'une enquête, a-t-elle fait valoir. « Nous nous sommes entendus avec la Sûreté pour qu’il n’y ait pas de problème et que les députés ne touchent pas à l’enquête, a-t-elle rappelé. La commission parlementaire a eu lieu et a même nourri l’enquête policière. »

Donc, c’est possible : Monique Jérôme-Forget peut venir en commission.

La porte-parole du PQen matière d’éthique et d’intégrité, Agnès Maltais

Mme Maltais déplore également que le gouvernement refuse de lui remettre une copie du rapport de la firme Accuracy, qui a effectué une vérification sur des transactions douteuses de la SIQ en 2012. Le travail avait été effectué par l'actuelle vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, mandatée plus tôt cette semaine pour examiner tous les contrats conclus par la SIQ entre 2003 à 2012.

À ce sujet, la députée péquiste a évoqué la comparution le printemps dernier du commissaire de l'Unité permanente anticorrruption (UPAC) Robert Lafrenière au sujet des allégations d’irrégularités à Transport Québec soulevées par l’analyse Annie Trudel. Le gouvernement refusait initialement que les partis d'opposition obtiennent des documents concernant cette affaire en évoquant l'enquête en cours.

La commission de l’administration publique a finalement rencontré M. Lafrenière, et « ensemble, ils se sont entendus sur quelle partie des documents pouvait être disponible pour les parlementaires », a plaidé Mme Maltais. « Tout ça s’est fait à huis clos, et ça a été possible ».

La question des nominations politiques

Selon un reportage d'Enquête, trois collecteurs de fonds du Parti libéral du Québec - Charles Rondeau, Franco Fava et William Bartlett - et l'ex-PDG de la SIQ Marc André Fortier se seraient partagé d'importantes sommes d'argent en marge de transactions immobilières effectuées par le gouvernement.

Agnès Maltais affirme que l’enquête de l’UPAC en cours à ce sujet porte sur de possibles fraudes, et non sur les « nominations politiques » qui auraient permis aux responsables de les mettre en oeuvre, dont celle du président-directeur général Marc-André Fortier.

Monique Jérôme-Forget, soutient-elle, a admis que des pressions avaient été exercées à l’époque pour qu’elle nomme Marc-André Fortier à la tête de la SIQ, devenue depuis la Société québécoise des infrastructures.

Dans le reportage d'Enquête, l'ex-ministre soutient plutôt que sa nomination lui a été recommandée par le Secrétariat aux emplois supérieurs. « Je n'ai pas été éblouie par M. Fortier », a-t-elle reconnu.

C'est plutôt Marc-André Fortier qui a affirmé avoir bénéficié de pressions lors du procès qu'il a subi pour des dépenses injustifiées, au terme duquel il a été condamné à rembourser 75 000 $. « Mes relations ont fait des recommandations auprès du Conseil exécutif au bureau du premier ministre », a-t-il affirmé. « À l’origine, Mme Forget ne voulait pas nécessairement que ce soit moi qui aille là. Mettons qu’elle a été un peu forcée. »

Le problème, c’est qu’on a des collecteurs de fonds qui auraient usé d’influence pour faire des nominations, et après ça la fraude en a découlé. […]. La seule personne qui peut nous dire ce qui s’est passé à l’époque, c’est Monique Jérôme-Forget.

Agnès Maltais

« Qui a insisté auprès de Mme Monique Jérôme-Forget pour que M. Marc-André Fortier soit nommé? » a poursuivi la députée péquiste. « Elle nous dit elle-même qu’il y a eu des pressions. Le bureau du premier ministre, c’est une chose. Mais qui, comment? »

Mme Maltais a fait cette sortie en prévision de l’interpellation du ministre des Finances et président du Conseil du Trésor au sujet des allégations de fraude à la SIQ.

Lors de cette interpellation, le député caquiste Éric Caire a lui aussi souligné que cette affaire semble reposer sur une « nomination partisane ». « Je ne l'invente pas. M. Fortier, sur la place publique, a dit lui-même qu'il devait sa nomination à des interventions de gens pesants au sein du Parti libéral », a-t-il ajouté.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, présent pour la séance, a néanmoins défendu la position du gouvernement de s’en remettre aux enquêtes policières.

« Notre volonté commune, c'est que, si des personnes ont commis des crimes, on veut les voir répondre de leurs crimes », a-t-il dit. Ces enquêtes doivent « être menées dans tout le sérieux et avec la quiétude nécessaire pour qu'elles aboutissent. »

« L’attitude de notre côté de la Chambre depuis le début de cette affaire, c'est de s'assurer que cette enquête-là puisse procéder, puisse aller de l'avant, pas parce qu'on s'immisce dans les enquêtes. […] C’est la dernière chose qu’il faut faire », a-t-il ajouté. « Il faut que cette enquête-là aille de l'avant. Alors, on ne va pas s'improviser ici, à l'Assemblée nationale, des inspecteurs. »

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