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Le PQ propose des solutions pour mieux intégrer les immigrants

C'est notamment en permettant une reconnaissance plus facile des acquis scolaires et de travail des immigrants, en mettant fin aux obstacles structurels à l'embauche auxquels ils se butent, et en luttant contre le racisme et la discrimination que le Parti québécois veut « améliorer significativement la situation des Québécois d'origines diverses ».

En conférence de presse lundi après- midi, le chef Jean-François Lisée, accompagné de trois de ses collaborateurs, a proposé une vingtaine d’« actions » qu’il compte soumettre à l’Assemblée nationale afin de faciliter l’intégration des immigrants. Le tout s'inscrit dans la foulée de la tuerie survenue dans une mosquée de Québec la semaine dernière, et des multiples témoignages de discrimination vécue par les nouveaux arrivants qui ont suivi.

Au cours de la dernière semaine, il y a eu une prise de conscience nationale extrêmement forte des difficultés d’intégration de plusieurs Québécois d’origines diverses, en particulier maghrébine, mais pas seulement. On a pris conscience qu’il y avait dans la société des traces de racisme et de discrimination qu’il convient de faire reculer.

Jean-François Lisée

M. Lisée souligne entre autres qu’il n’est pas normal que le taux de chômage des immigrants au Québec soit de 11 %, et de 18 % dans la communauté maghrébine.

Il suggère donc de multiples solutions pour régler le problème. D’abord, en sanctionnant la discrimination à l’embauche grâce à des amendes prohibitives, comme on le fait pour éviter la vente de cigarettes aux mineurs, ce qui fonctionne très bien, selon lui, pour « tétaniser » les propriétaires de dépanneurs.

Comment ça se fait que la lutte antitabac est plus importante que la lutte antiraciste? Il faut que les employeurs, avant de rejeter un CV, se demandent : et si c’était un inspecteur du ministère du Travail?

Jean-François Lisée

Le chef du Parti québécois pense également que l’on pourrait augmenter le nombre d’immigrants dans la fonction publique en revoyant le programme d’embauche des minorités et en insistant auprès des cadres chargés du recrutement sur l’importance d’en atteindre les objectifs. Selon M. Lisée, pour le moment, ces derniers ne sont obligés à rien dans ce domaine.

Par ailleurs, pour faciliter la reconnaissance des acquis scolaires et de travail des nouveaux arrivants, M. Lisée plaide pour l’établissement d’un cadre légal commun, qui permettrait notamment d’éviter les obstacles créés par les ordres professionnels.

Il recommande aussi la mise en place d’un « guichet unique » de reconnaissance des acquis.

« En ce moment, c’est un labyrinthe. Il y a des gens qui reçoivent de mauvais conseils ou qui sont traités différemment d’un établissement universitaire à l’autre », explique-t-il.

« Il n’est pas normal qu’il y ait de la discrimination au logement et à l’emploi »

Le Parti québécois conseille aussi que de fortes amendes soient imposées aux propriétaires de logement reconnus coupables de discrimination.

Il croit qu’une vaste campagne de sensibilisation à ce sujet devrait être entreprise, et que déjà au primaire et au secondaire, on aborde le thème du racisme et de la discrimination dans le cours de citoyenneté québécoise qu’il propose, en remplacement de celui d’éthique et culture religieuse.

Selon lui, la lutte contre la discrimination passe également par une lutte plus générale contre l’analphabétisme.

Une meilleure francisation des immigrants, une plus grande présence de ces derniers dans les conseils d’administration gouvernementaux et dans les manifestations culturelles pourraient aussi faciliter leur inclusion, selon les péquistes.

Nous sommes accueillants, nous sommes conviviaux. Ce que nous avons investi pour le moment n’est pas à la hauteur de nos valeurs d’accueil.

Jean-François Lisée

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