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Le PQ se défend d'utiliser des fonds parlementaires à des fins partisanes

Le Parti libéral du Québec (PLQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) accusent la whip du Parti québécois, Carole Poirier, d'utiliser des fonds parlementaires pour faire exécuter des tâches partisanes à ses agents de liaison. Carole Poirier réplique avoir respecté les règles de l'Assemblée nationale en la matière.

La whip en chef de l'opposition officielle, Carole Poirier, dispose de douze employés dans son cabinet. Le Journal de Québec a révélé vendredi que cinq d'entre eux, des agents de liaison, sont payés « à même le budget de l'aile parlementaire péquiste », et ce, bien qu'ils ne soient pratiquement jamais à l'Assemblée nationale.

Il est allégué dans l'article que certains de ces employés s'adonnent à des activités partisanes, organisant des événements ou s'affairant à d'autres tâches à la permanence du PQ, entre autres exemples.

Devant cette situation, le PLQ réclame une enquête du commissaire à l'éthique et la CAQ, une enquête indépendante. Tant libéraux, caquistes et élus de Québec solidaire demandent une réunion extraordinaire de tous les partis avec le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, pour éclaircir la situation.

Le PQ envoie ses employés « sur le terrain »

Par communiqué, vendredi, Carole Poirier a dit respecter les règles de l'Assemblée nationale en ce qui a trait au travail de ses employés.

Mme Poirier affirme qu'au sens large, les attachés politiques - dont les agents de liaison - ne sont pas des spécialistes du travail législatif. Elle affirme qu'il est souhaitable que ces employés se rendent auprès des citoyens, sur le terrain, ce qui explique qu'ils doivent « quitter le port d'attache ».

« Ils peuvent être appelés à exécuter leurs tâches sur le terrain, à l’Assemblée nationale, à la permanence du parti, dans les bureaux de circonscription, voire chez eux, dans leur région », écrit la whip en chef de l'opposition officielle.

Affirmant que son parti participera « pleinement », le cas échéant, à des enquêtes, Mme Poirier ajoute du même souffle que ces enquêtes devront aussi porter « sur les agents de liaison et attachés politiques des autres partis, y compris ceux du gouvernement ». Carole Poirier affirme qu'en jouant les « vierges offensées », le PLQ et la CAQ doivent par conséquent accepter sans problème faire preuve d'honnêteté dans leur démarche.

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, doit réagir cet après-midi relativement à cette affaire qui survient au jour même de l'assermentation de Catherine Fournier et de Marc Bourcier, vainqueurs des élections partielles dans les circonscriptions de Marie‑Victorin et de Saint‑Jérôme.

« Des abus de pouvoir », critique le PLQ

Le whip en chef du Parti libéral du Québec, Stéphane Billette, estime que dans cette histoire, les actions du PQ sont « inacceptables », que ce parti fait preuve « d'un manque d'éthique flagrant » et même « d'abus de pouvoir ».

L’opposition officielle doit impérativement rembourser la totalité des salaires versés pour ses employés fantômes qui n’ont jamais mis les pieds à l’Assemblée nationale.

Stéphane Billette, whip en chef du gouvernement de Philippe Couillard

Distinction entre militantisme et travail parlementaire

Du côté de la CAQ, Éric Caire et Donald Martel ont affirmé en conférence de presse, vendredi, qu'aucun des employés de leur formation politique, payés par l'Assemblée nationale, ne se consacrait à des activités partisanes durant leurs heures de travail.

Ainsi, M. Caire affirme qu'il ne tolérerait pas qu'un employé néglige de préparer ses dossiers, sous prétexte qu'il est allé travailler à la permanence de la CAQ.

Nos deux députés qui vont prêter serment aujourd’hui [Catherine Fournier et Marc Bourcier du PQ], est-ce que pendant leur campagne électorale, les gens qui travaillaient à leur élection étaient payés par l’Assemblée nationale?

Éric Caire, député de la circonscription de La Peltrie pour la Coalition avenir Québec

Éric Caire affirme qu'« un mur de feu » doit être érigé entre militantisme et travail parlementaire.

Québec solidaire en appelle au DGEQ

Manon Massé de Québec solidaire réclame une enquête du Directeur général des élections du Québec (DGEQ) sur les pratiques des partis lors des nombreuses élections partielles tenues depuis le début de la législature. Cette enquête du DGEQ devrait aussi porter sur les courses à la direction, précise Mme Massé.

Enfin, la députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques s'inquiète de l'embauche récente, par le chef péquiste Jean-François Lisée, d'Évelyn Abitbol et de Paul St-Pierre Plamondon à titre de conseillers. Manon Massé veut que la source de leur rémunération et le lieu où ils exercent leurs fonctions soient révélés.

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