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« Le premier ministre n'entend pas la population », dénonce Péladeau

« L'austérité libérale fait mal dans toutes les régions. Les Québécois sont préoccupés par la santé, l'éducation et l'économie », a lancé Pierre Karl Péladeau au sortir d'un caucus de son parti où l'on préparait la rentrée parlementaire de mardi.

Et selon lui, Philippe Couillard fait la sourde oreille aux préoccupations de ses concitoyens. « Le premier ministre n'entend pas la population », dénonce-t-il.

À un journaliste qui lui demandait s'il appuyait les enseignants qui se préparent à un débrayage le 30 septembre, M. Péladeau n'a pas répondu directement, affirmant plutôt déplorer de ne pas avoir été en mesure de participer à une chaîne humaine érigée autour de l'école que fréquentent ses enfants.

La santé, l'éducation, « ce sont des missions de l'État qui nous apparaissent fondamentales », a plaidé le chef péquiste.

Le chef péquiste a poursuivi en déplorant les réformes en santé du ministre Gaétan Barrette.

« En région, pour avoir accès à des soins, ce n'est pas normal d'être obligés de faire des dizaines, voire des centaines de kilomètres, alors que les citoyens alors que les citoyens souhaitent avoir des soins là où ils se trouvent », a déploré Pierre Karl Péladeau.

Le chef péquiste affirme estime enfin qu'en économie, ça ne va guère mieux alors que « l'emploi est en panne ». Il a d'ailleurs annoncé la création d'un comité d'action économique composé de député autour de Nicolas Marceau. 

Pour la convergence des forces souverainistes

Pierre Karl Péladeau a confié à la députée de Joliette, Véronique Hivon, le mandat de travailler à la convergence des forces souverainistes. « Et j'irai d'ailleurs avec Véronique, dimanche prochain, au lancement du livre d'Option nationale qui portera sur les raisons de faire l'indépendance », a annoncé le chef du PQ.

Une école de formation permanente pour les militants

Par ailleurs, l'intention du chef péquiste Pierre Karl Péladeau de créer une école de formation permanente pour les militants de son parti a suscité bien des réactions mercredi dans les couloirs de l'Assemblée nationale. Les ténors de la formation souverainiste appuient le plan de leur chef sans réserve, tandis que les libéraux s'en moquent. 

Radio-Canada a révélé mardi que M. Péladeau compte créer une école pour inculquer aux militants les arguments en faveur de l'indépendance du Québec qui seront développés par l'Institut de recherche appliquée sur la souveraineté. Cet institut, souvent évoqué par le chef souverainiste, doit être créé d'ici la fin de l'année.

« Ils veulent endoctriner », dit Fournier

Le leader parlementaire du gouvernement et ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, Jean-Marc Fournier, y est pour sa part allé de quelques railleries. « On a vu qu'avec Mme Marois, Mme Malavoy voulait amener la souveraineté à l'école, voulait qu'on parle de souveraineté à l'école. Ça n'a pas fonctionné, alors maintenant ils parlent d'ouvrir des écoles de souveraineté », a-t-il lancé.

« Ils veulent endoctriner, ils veulent exposer leur point de vue à partir de réponses qu'ils disent qu'ils n'ont pas », a-t-il poursuivi. 

En conférence de presse, Pierre Karl Péladeau a réagi avec une ironie consommée à l'hypothèse de volonté d'endoctrinement avancée par M. Fournier. « Ah oui? Je pense que les libéraux devraient plutôt s'inquiéter des écoles; c'est une préoccupation majeure de l'ensemble de la population. »

En matinée, mercredi, quelques députés péquistes présents à l'Assemblée nationale pour le caucus de leur formation ont aussi tenu à témoigner de leur appui au plan du chef. 

« Qu'on s'organise à l'interne, pour être mieux organisé en terme d'organisation, en termes de communication, en termes de contenu, c'est tout à fait normal. Et que PK prenne les moyens pour ça, moi je suis très heureuse de voir ça », a déclaré Martine Ouellet. 

« Écoutez, ce qui est certain, c'est que le Parti québécois doit être prêt pour les prochaines élections, doit se donner tous les moyens, et je salue l'initiative de mon chef de vouloir réformer les choses », a renchéri Alexandre Cloutier.

La création d'une école de formation s'inscrit dans le cadre d'une stratégie sur trois ans que M. Péladeau et le directeur général du parti, Alain Lupien, ont présentée à des organisateurs péquistes le 29 août, à L'Assomption. L'objectif : faire du Parti québécois une « machine de guerre », selon une expression mentionnée par des militants.

Les deux hommes ont aussi affirmé leur volonté de décentraliser le parti, de donner davantage de pouvoirs aux circonscriptions et d'encourager les initiatives locales. Ils entendent relancer le recrutement et le financement par une présence constante sur le terrain.

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