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Le Programme des candidats du Manitoba : 20 ans et encore des défis en immigration

En 2017, 3 % des immigrants potentiels sélectionnés par le Manitoba dans le cadre de son plus important programme d'immigration étaient francophones. C'est bien en dessous de la cible provinciale de 7 %, et pourtant le Manitoba est la province qui utilise le plus ce programme pour recruter des immigrants.

Un texte de Gavin Boutroy

Le programme des candidats du Manitoba (PCM) est la plus importante source d’immigration économique au Manitoba. De 2008 à 2017, 93 % de tous les immigrants économiques au Manitoba sont arrivés grâce au PCM, ce qui représente 102 861 personnes.

Selon le rapport annuel de la province sur le PCM publié la semaine dernière, 5008 personnes ont été sélectionnées par le Manitoba en 2017. De ce nombre, 152 étaient francophones. Cela représente 3 %, une nette baisse par rapport à l’année précédente, quand 4 % des candidats étaient francophones.

Ce chiffre est loin de la cible de 7 % d’immigration francophone au Manitoba, et reste sous la cible canadienne de 4 %.

Le but d’encourager l’immigration francophone est d’assurer la vitalité de la langue dans les communautés francophones en situation minoritaire. Un objectif que les programmes des candidats des provinces à travers le pays peinent à atteindre, selon un rapport de novembre dernier.

« Depuis deux ans, [la province] évite de parler de ce 7 % », affirme l’agente d’immigration du Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba (CDEM), Brigitte Léger.

Cependant, ajoute-t-elle, « nous sommes confiants de la volonté de la province d’augmenter ces chiffres ». Le CDEM offre des services d’immigration francophones et promeut le PCM, explique Mme Léger.

Le Manitoba champion du PCP

Environ un immigrant sur cinq admis au Canada à travers le programme des candidats des provinces (PCP) s’installe au Manitoba, selon une porte-parole du gouvernement fédéral.

Le Manitoba est donc la province du Canada qui utilise le plus le PCP, confirme une porte-parole du gouvernement du Manitoba.

Brigitte Léger attribue le succès du PCM à plusieurs facteurs. « C’est probablement parce qu’on est la première parmi les provinces et territoires à avoir développé ce programme-là », indique Mme Léger.

« Une deuxième raison, c’est qu’ils ont développé un programme très flexible, et le fait qu’on peut immigrer au Manitoba sans offre d’emploi est assez exceptionnel au Canada », dit-elle.

N’importe quel candidat qui satisfait aux critères suivants pourrait être accepté au PCM, indique Brigitte Léger : avoir un certain âge, posséder une certaine somme d’argent, avoir terminé son secondaire et détenir une formation postsecondaire, et avoir une expérience de travail adéquate.

« Alors ça pourrait être un concierge qui aurait une formation postsecondaire, comme ça pourrait être un cuisinier ou un avocat », précise-t-elle.

Selon la porte-parole du gouvernement du Manitoba, la province aura besoin davantage d’immigrants économiques à l'avenir, ce qui explique aussi que le Manitoba continue de compter sur les bénéfices du programme des candidats.

« Les [prévisions pour le marché de l’emploi au Manitoba] montrent que 166 500 postes deviendront vacants d’ici 2023, dont 68 % en raison des retraites et de la population vieillissante. Plus de 20 % de cette demande devra être comblée par de nouveaux immigrants, principalement grâce au PCM », dit-elle.

Le Manitoba est l'une des quatre provinces au Canada qui réussit le mieux à garder les immigrants sélectionnés par le biais de son programme des candidats.

Introduction de listes de professions

Brigitte Léger souligne l'introduction prochaine des listes de professions parmi les critères d'admissibilité au Programme de candidats du Manitoba.

« Depuis le début du PCM, on ne parlait pas de listes de profession parce que l’économie est forte au Manitoba [...] Mais à l’automne, ils vont exiger que les candidats sélectionnés fassent partie d’une liste spécifique de professions », note-t-elle.

Cette mesure pourrait faire en sorte que plus de nouveaux arrivants travaillent dans leur domaine une fois au Manitoba.

Cela pourrait cependant inquiéter les francophones, qui ont parfois des besoins différents des anglophones en matière de main-d'œuvre. « On sait qu’il y a une pénurie d’enseignants francophones dans nos écoles francophones et d’immersion au Manitoba, mais les enseignants ne sont pas sur cette liste, parce qu’en général, il n’y a pas une pénurie d’enseignants au Manitoba. On le sait déjà que la province fera une exception pour cette profession pour des candidats francophones », ajoute Brigitte Léger.

C’est pour cette raison qu’il y a des « pourparlers » entre la communauté francophone et la province, souligne Mme Léger.

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