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Le Québec, lieu de convergence à quelques jours du scrutin

Il n'y a pas que les sondages qui montrent une course électorale serrée au Québec. La présence des chefs des trois principaux partis nationaux dans la province, à quatre jours du scrutin, en était un autre signe, jeudi.

Un texte de Marc-Antoine Ménard

Thomas Mulcair, Stephen Harper et Justin Trudeau visitaient tous trois quelques circonscriptions au pays de Gilles Duceppe, certaines plus symboliques que d'autres.

Thomas Mulcair lors d'un événement de campagne à Alma, au Lac-Saint-Jean. Photo : PC/Ryan Remiorz

À Alma, au Lac-Saint-Jean, M. Mulcair a martelé que le Nouveau Parti démocratique demeurait la solution de rechange au Parti conservateur au Québec, ce qui est d'autant plus vrai dans la région, a-t-il dit. Le chef néo-démocrate a insisté sur la diminution à venir des transferts en santé, les pertes d'emplois sous les conservateurs, l'impact potentiellement négatif du Partenariat transpacifique et l'utilisation par ses adversaires libéraux et conservateurs des surplus de la caisse d'assurance-emploi, dans le passé.

« Je vais continuer de me battre très fort pour remplacer les conservateurs parce que je sais que les Canadiens et les Québécois méritent mieux qu'encore quatre années de Stephen Harper, a déclaré le chef du NPD. Si on faisait l'erreur de faire réélire Denis Lebel, ce serait par accident une manière d'élire Stephen Harper, et c'est la dernière chose que les gens de la région souhaitent. »

Quant à savoir comment il accueillait la visite de son adversaire libéral Justin Trudeau dans sa propre circonscription d'Outremont, Thomas Mulcair s'est contenté de dire qu'« on est dans un pays libre ». Le chef du NPD a rappelé sa victoire, lors d'une élection complémentaire en 2007, dans ce qui était décrit comme une « forteresse imprenable » du Parti libéral.

« Moi, je suis en train de cibler Stephen Harper. Mon adversaire dans cette campagne électorale, c'est Stephen Harper. Je laisserais M. Trudeau dire qui est son adversaire dans cette campagne électorale », a lancé M. Mulcair, qui devait se rendre en Estrie par la suite.

Stephen Harper a fait sa présentation sur le coût des promesses libérales à Trois-Rivières. Photo : PC/Jonathan Hayward

Harper insiste sur le « vrai choix »

À Trois-Rivières, le chef conservateur a continué de s'en prendre surtout à Justin Trudeau, reprenant sa mise en scène sur le « coût des hausses de taxes des libéraux », où le représentant d'une famille jugée typique jette de l'argent sur une table au son d'une caisse-enregistreuse.

« Le système est simple, vous faites de l'argent et les libéraux la prennent », a asséné Stephen Harper, mentionnant entre autres l'abolition du fractionnement du revenu et la baisse moins importante des cotisations à l'assurance-emploi que propose le PLC. « Le NPD, c'est des promesses en l'air et des économies à terre », a-t-il ajouté à l'intention de son autre adversaire.

« Moi et notre parti, nous ne prenons jamais les électeurs pour acquis. Ce n'est pas notre façon de faire. C'est une élection serrée. Évidemment, nous sommes ici pour encourager le choix. C'est un vrai choix pour lundi prochain », a répondu M. Harper lorsqu'on lui soulignait l'embellie dans les sondages dont bénéficie son parti dans certaines régions.

« Il y a deux chemins possibles pour notre pays : un chemin de dépenses incontrôlables avec des déficits permanents, des hausses de taxes et d'impôts. Ça, ça va détruire des emplois, ça c'est le bilan dans d'autres pays qui ont choisi une telle approche. Ou notre plan pour des réductions de taxes et d'impôts, des budgets équilibrés, la création d'emplois », a résumé le chef conservateur qui a reconnu que « la tentation du changement est forte ».

Après la Mauricie, Stephen Harper devait visiter le Centre-du-Québec et l'Estrie.

Justin Trudeau et son épouse Sophie Grégoire ont visité un restaurant de Laval. Photo : PC/Paul Chiasson

Un plan pour tout le monde, vante Trudeau

À Montréal, le chef libéral Justin Trudeau a refusé de croire que les Québécois n'étaient pas réceptifs à son message. M. Trudeau se trouvait dans la circonscription d'Ahuntsic-Cartierville, où la lutte promet d'être serrée entre la libérale Mélanie Joly et la néo-démocrate (et ex-bloquiste) Maria Mourani, et où le Bloc québécois, représenté cette fois par Nicolas Bourdon, pourrait mêler les cartes. Le chef libéral s'y est présenté comme le « voisin » provenant de la circonscription de Papineau.

Rappelant ses promesses en matière d'infrastructures et d'aide à la classe moyenne, Justin Trudeau a estimé que son programme répondait aux besoins des Québécois. « C'est les priorités du Parti libéral du Canada, parce que c'est les priorités des gens de Papineau, c'est les priorités des Québécois et c'est les priorités des familles canadiennes. Nous avons écouté et nous avons un plan pour répondre aux priorités des gens », a déclaré le chef libéral.

Justin Trudeau a passé par Laval et la Rive-Nord, avant de se rendre dans Outremont.

Gilles Duceppe a salué des bénévoles travaillant pour la campagne du Bloc québécois, à Montréal. Photo : PC/Graham Hughes

Des chefs en rupture avec le Québec, juge Duceppe

Une analyse qu'est loin de partager le chef bloquiste Gilles Duceppe. « Les chefs, ce n'est surtout pas tout le monde. Je trouve qu'ils n'ont pas grand-chose en commun avec tout le monde au Québec », a-t-il dit en point de presse à Mascouche.

M. Duceppe a rappelé les positions du Bloc québécois contre le projet de pipeline Énergie Est, pour la protection de la caisse d'assurance-emploi et contre le vote à visage couvert. « Sur la plupart des grands enjeux, ces gens-là sont en rupture avec le Québec », a résumé le chef bloquiste.

« Qu'ils ne fassent pas seulement du pétage de bretelles sur l'éthique quand ils n'en ont pas une once, d'éthique », a conclu Gilles Duceppe, faisant référence à l'affaire Dan Gagnier, qui a occupé son adversaire libéral depuis 24 heures.

Après un passage à Montréal, M. Duceppe devait visiter Saint-Jérôme, où le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, est député, de même que Lachute.

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