Le ralentissement économique en Chine ne semble pas effrayer le gouvernement du Québec, qui a décidé d'ouvrir un troisième bureau chez son plus important partenaire économique d'Asie.

Yavn Côté

  Un texte d'Yvan Côté

Après Pékin et Shanghai, un représentant de la province est maintenant présent à Qingdao. Une ville de neuf millions d'habitants qui, contrairement aux autres régions du pays, est en croissance. C'est aussi là où Bombardier a sa plus importante usine de wagons de train au monde.

« C'est une publicité énorme qui attire déjà des appels et des manifestations d'intérêt, assure le nouveau délégué du Québec en Chine, Jean-François Lépine. Qingdao est une ville côtière avec des préoccupations d'ouverture sur le monde tout comme nous, ajoute-t-il. Nous avons beaucoup en commun. »

Savoir-faire québécois

Le nouveau bureau a été inauguré par la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre, qui effectuait sa première mission économique en Chine. Visiblement impressionnée par l'architecture, les immenses foules et le nombre de grues dans le pays, la ministre a profité de sa visite pour vendre le savoir-faire québécois en santé, en aviation et surtout dans le domaine des énergies vertes.

« Les Chinois sont énormément intéressés par les secteurs des nouvelles technologies, des technologies reliées à l'environnement. On tente de percer dans ces domaines-là. Alors ce sont des graines que nous plantons et nous allons continuer à travailler très fort », dit-elle.

En fait, le Québec mise sur la restructuration de l'économie en Chine pour accroître ses liens d'affaires.

Le gouvernement communiste a annoncé il y a un an que le pays passerait d'une société de production à une société d'innovation et de services. Des secteurs dans lesquels le Québec a beaucoup à offrir, dit le scientifique en chef de la province, Rémi Quirion, même s'il reconnaît que la transition pourrait prendre plus de temps que prévu en Chine.

« Je pense qu'il faut aller dans nos niches d'excellences, mentionne le chercheur. Et le Québec s'est démarqué du côté du climat et du développement durable. On vient aussi en Chine pour trouver de la relève. Il n'y a plus assez d'étudiants dans nos universités. Donc, il faut recruter. »

La stratégie du Québec est-elle la bonne, alors que l'économie chinoise est mal en point et que le miracle économique semble terminé? Peut-être, dit Samuel Faveur, président de Mandarin Capital à Hong Kong.

« Le miracle chinois basé sur son modèle classique de main-d'oeuvre à bas prix est probablement terminé. Par contre, il y a possiblement un autre miracle qui peut se produire avec les investissements massifs du gouvernement chinois en innovation. »

Pour l'instant, ce miracle se fait attendre. Après cinq jours de mission, la ministre revient au pays sans aucun contrat en poche. Ce n'était pas le but, dit-elle. « Je repars avec beaucoup de rencontres et une relation plus approfondie du pays. Les retombées viendront plus tard. »

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine