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Le registre des lobbyistes du N.-B. est incomplet, selon un politologue

Le professeur de sciences politiques Roger Ouellette estime que le nouveau registre des lobbyistes du Nouveau-Brunswick est incomplet, car il n'englobe pas le milieu municipal.

Le registre des lobbyistes du Nouveau-Brunswick a été établi officiellement samedi. Il obligera toute personne engagée par une entreprise ou un groupe d'intérêts et dont le but est d'influencer les élus de la province, à s'inscrire dans un livre accessible au public.

Toutefois, souligne Roger Ouellette, professeur à l’Université de Moncton, tout le palier de gouvernement municipal a été laissé de côté dans la loi sur les lobbyistes.

L’omission a de quoi surprendre, selon lui. « C'est assez étonnant qu’au Nouveau-Brunswick en 2017 on n’a pas cru bon d’inclure les municipalités sachant qu’aussi au Nouveau-Brunswick lorsqu’on finance l’activité politique il y a un encadrement pour les élections provinciales, mais rien pour le municipal », ajoute Roger Ouellette.

Plus de transparence, selon d’autres intervenants

Louis-Philippe Gauthier, de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante en Atlantique, voit d'un bon oeil l'arrivée du registre. Il estime que cela aidera à définir le travail des lobbyistes, qui ont comme mission d'influencer les élus.

« Les gens ont tendance à peut-être voir tout le côté lobbyiste comme obscur parce que c'est opaque. On ne le sait pas. Maintenant, ce sera connu, ce sera visible. Les gens vont être capables de voir le sujet de conversation, à qui ils ont parlé et ce qu'ils essaient d'atteindre comme objectif », souligne Louis-Philippe Gauthier.

La transparence est importante pour la population et l'objectif du registre est justement de lui donner plus d'information. Le ministre de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail, Donald Arseneault, en parle comme d’une bonne chose pour la démocratie.

Il aura fallu plus de dix ans pour voir le registre devenir une réalité. Le gouvernement libéral de Shawn Graham parlait d'une loi sur les lobbyistes à la fin des années 2000. Les progressistes-conservateurs de David Alward ont adopté la loi en 2014, mais sans réussir à l'établir. Le registre sera accessible au public à compter du 1er juillet.

D’après le reportage de Mathieu Massé

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