Les Ontariens n'en pouvaient plus du gouvernement libéral. Ils l'ont exprimé clairement en allant voter; le Parti libéral de l'Ontario a même perdu son statut de parti officiel.

Une analyse de Julie-Anne Lamoureux

Devant leur désir viscéral de changement, ils ont flirté pendant un temps avec l'idée d'un gouvernement néo-démocrate durant la campagne électorale. Ils ont finalement choisi l'option qui était à l'opposé de ce qu'offraient les libéraux : le retour de la Ford Nation.

C'est tout un exploit pour Doug Ford, le chef progressiste-conservateur qui a réussi à canaliser cette frustration en seulement quelques mois. Il y a cinq mois, il convoitait la mairie de Toronto.

Après la démission de Patrick Brown à la suite d'allégations d'inconduite sexuelle et le lancement d'une campagne à la direction du parti, il a réussi là où ses prédécesseurs, Ernie Eves, John Tory et Tim Hudak ont échoué. Il a fait élire un gouvernement progressiste-conservateur à Queen's Park.

Les progressistes-conservateurs n'avaient pas gagné d'élections générales depuis 1999. L'hiver de tourmente des conservateurs s'est transformé en heureux printemps.

Et ce, malgré une série d'allégations contre certains candidats, malgré des enquêtes policières (entre autres sur le vol de données d'usagers de la 407), malgré une poursuite déposée en fin de course par la veuve de Rob Ford contre Doug Ford.

En fait, peu importe les controverses ou les allégations durant la campagne, rien n'a collé à la peau du chef conservateur.

Le message de Doug Ford : des slogans efficaces pour « que l'Ontario redevienne la locomotive du Canada » ont fait toute la différence.

Doug Ford a mené une campagne disciplinée avec un message ciblé et répété. Ce qui a fonctionné pour l'ancien maire de Toronto Rob Ford, dans la Ford Nation il y a quelques années, a fonctionné là où ça comptait dans la province pour Doug Ford.

Même s'il répondait rarement directement aux questions des journalistes. Même s'il n'a pas présenté de plateforme chiffrée et détaillée. On ne sait toujours pas comment il entend financer toutes ses promesses. Pourtant, sa majorité est confortable et sans équivoque; sa marge de manoeuvre, elle, certaine.

Le NPD y a cru. Il a connu une excellente campagne et a réussi à faire peur à ses adversaires qui le sous-estimaient en début de campagne.

Ça aura été suffisant pour se propulser en deuxième place et doubler son nombre de députés. Mais pas assez pour former le gouvernement. C'est une deuxième place douce et amère. Ça aurait pu être pire, mais ça aurait pu être mieux aussi.

C'est le Parti libéral qui a vécu le pire scénario. Après 15 ans au pouvoir, la gifle fait mal.

Kathleen Wynne est entrée en politique pour contrer les politiques de l'ancien chef conservateur Mike Harris. Elle s'approche de la sortie, à cause d'un autre chef conservateur.

Un chef avec qui elle a peu d'atomes crochus. Les différends entre Kathleen Wynne et Doug Ford ne datent pas d'hier.

Quand le conseil municipal de Toronto a dépouillé Rob Ford de ses pouvoirs, Doug Ford n'a pas mâché ses mots et en a voulu à Kathleen Wynne de refuser de s'entretenir avec lui. Depuis, il la critique à chaque occasion possible. Elle ne le porte pas dans son coeur non plus.

Mais c'est maintenant au tour de Doug Ford de prouver qu'il mérite la confiance qui lui a été accordée.

Seuls 40 % des électeurs la lui ont accordée. Et il se retrouve avec une majorité de 76 sièges.

À l'opposé, avec 20 % du vote populaire, les libéraux n'obtiennent que sept sièges.

C'est la cruauté de la joute politique. La traversée du désert des libéraux débute alors que celle des conservateurs vient de se terminer.

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