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Le roi et la reine de Belgique entament une visite officielle au Canada

Le roi Philippe et Sa Majesté Mathilde de Belgique sont arrivés à Ottawa dimanche pour une visite d'environ une semaine au Canada. Voici cinq choses à savoir sur la monarchie belge et sur sa visite royale.

Un texte de Simon Deschamps

La deuxième visite royale belge

Il s'agit de la deuxième visite royale belge au Canada. La dernière avait eu lieu il y a 41 ans, lorsque le roi Baudouin avait rencontré le premier ministre Pierre Elliott Trudeau.

Philippe et son épouse ont été accueillis par la gouverneure générale, Julie Payette, à Rideau Hall. Le couple royal restera à Ottawa jusqu'à mardi, où il participera à plusieurs activités. Il se dirigera ensuite vers Toronto et Montréal, où il rencontrera entre autres le premier ministre du Québec, Philippe Couillard.

Une visite dans un objectif de coopération

Au cours du séjour, on veut souligner la coopération culturelle et les liens entre les deux pays, notamment sur les plans économique et scolaire, en plus de commémorer la fin de la Première Guerre mondiale, lors de laquelle le Canada a aidé à libérer la Belgique.

Une délégation de 200 personnes fait partie du voyage, parmi laquelle se trouvent des gens d'affaires ainsi que des recteurs d'universités belges.

« On souhaite exprimer notre gratitude au Canada, parce que le Canada a toujours été présent lorsque la Belgique avait besoin dans des situations de guerre. On veut aussi dire à nos amis canadiens que, avec eux, on veut défendre un certain nombre de valeurs qui nous sont chères, comme le libre-échange », a déclaré l'ambassadeur de Belgique au Canada, Raoul Delcorde.

« On regarde vers l'avenir, c'est pourquoi on veut que les jeunes Belges et Canadiens travaillent et étudient ensemble et ainsi préparer les générations futures », a-t-il poursuivi.

Des liens historiques forts entre la Belgique et le Canada

L'année 2018 marque le 100e anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale. Le Canada a aidé à la libération de la Belgique.

« On retrouve encore aujourd'hui cette extraordinaire reconnaissance, après les deux guerres mondiales, pour la libération de la Belgique. On parle du passé, qui est toujours actualisé [...] même si les jeunes générations n'ont pas beaucoup de connaissances de ce qui s'est passé. En Belgique, c'est toujours célébré », a affirmé Ferry de Kerckhove, ancien diplomate canadien d'origine belge et professeur à l'École supérieure d'affaires publiques et internationales à l'Université d'Ottawa.

Le roi rendra hommage aux vétérans canadiens durant sa visite.

Depuis, le Canada a ouvert ses bras à l'immigration belge.

« L'immigration belge a laissé des traces au Canada. On estime qu'il y a environ 180 000 à 200 000 Canadiens d'origine belge au Canada », précise l'ambassadeur Raoul Delcorde. Par exemple, dit-il, des Belges ont participé à la création des écoles HEC et Polytechnique à Montréal.

Très différente de la monarchie britannique

La monarchie britannique et la monarchie belge sont bien différentes. M. Ferry de Kerckhove souligne que la monarchie belge n'a pas de rôle religieux, tandis que la reine de la monarchie britannique occupe aussi le rôle de chef religieux de l'Église anglicane.

Le roi de Belgique a un rôle important à jouer dans l'évolution du système politique belge, plus complexe et fragmentaire que le système britannique. Il a plus d'influence que la reine d'Angleterre sur la politique de son pays.

« Le roi a un devoir et une obligation d'information et de formation en matière de gouvernement. Le roi convoque très facilement des ministres pour être mis à jour de dossiers et quand il s'agit de former un gouvernement, il nomme un informateur qui permet au roi de déterminer si c'est le chef du plus gros parti [qui gouvernera] ou s'il faut donner la main à quelqu'un qui serait plus unificateur dans le contexte de la dissidence et de la disparité des partis politiques belges », explique M. de Kerckhove.

Un rôle unificateur pour les Belges

Selon M. de Kerckhove, la royauté joue un rôle unificateur en Belgique, puisqu'elle se veut celle de tous les Belges, qu'ils soient Wallons (francophones) ou Flamands (dont la langue est proche du néerlandais). Elle aurait aidé à traverser une crise politique en 2010, alors que le pays se trouvait sans gouvernement.

Le roi Philippe et Sa Majesté Mathilde ont pris le trône le 21 juillet 2013, à l'abdication du père de Philippe, le roi Albert II, pour des raisons de santé.

« Depuis l'arrivée au pouvoir de Philippe et Mathilde, le facteur d'unification, la beauté du couple, leur facilité, leur aisance, la qualité linguistique dans les deux langues officielles, tout ça fait que beaucoup de Belges sentent particulièrement que c'est des éléments qui permettent d'assurer la continuité de la Belgique en dépit de ses difficultés politiques, constitutionnelles et autres », dit M. de Kerckhove.

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