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Le rôle du président de l’Assemblée de nouveau à l’avant-plan à Victoria

Le gouvernement libéral de la Colombie-Britannique demande l'avis du président de l'Assemblée législative afin de clarifier son rôle en cas d'égalité des voix en Chambre, une mesure décriée par l'opposition.

Un texte de Nahila Bendali

Dans une lettre présentée mardi matin au président, le leader parlementaire du gouvernement Mike de Jong explique qu’il est important de clarifier certains aspects du rôle du président avant le vote de confiance, jeudi, pour établir la marche à suivre advenant un gouvernement de l’alliance du Nouveau Parti démocratique et des verts.

« Quel est le rôle du président dans différentes circonstances? Quel est son rôle à l'occasion d’un bris d’égalité? Quel est son rôle s’il y a des amendements aux règles de l’Assemblée? » s'interroge Mike de Jong.

Par convention, le président doit rester non partisan et voter pour garder le statu quo, au moment de la troisième lecture d'un projet de loi, s’il ne s’agit pas d’une motion de confiance.

Présentement, un président libéral, Steve Thomson, occupe ce poste. Toutefois, si le gouvernement libéral est défait jeudi, M. Thomson pourrait démissionner et forcer le NPD à élire un président provenant de ses rangs, créant une égalité en Chambre avec 43 députés de chaque côté.

Mike de Jong dit espérer avoir des réponses de la part d’une source en position d'autorité, comme le président, et se défend de vouloir pousser la lieutenante-gouverneure à déclencher une élection plutôt que de se tourner vers le NPD pour former un gouvernement.

Jeu politique?

Dans sa propre lettre présentée au président mardi après-midi, le leader parlementaire de l'opposition, Mike Farnworth, ajoute que ce n'est pas le rôle du président d’offrir ce genre d’avis sur la marche à suivre en cas d’égalité. « La lieutenante-gouverneure a la tâche de déterminer l’attrait et la stabilité d’une situation hypothétique de gouvernance dans le cas d’une défaite du gouvernement au moment d’un vote de confiance », peut-on y lire. Un avis provenant du président dépasserait son autorité et irait à l’encontre des règles de l’Assemblée, croit-il.

« [Les libéraux] désirent déclencher une élection sans vouloir en prendre la responsabilité », a-t-il lancé.

Le chercheur postdoctoral à l’Université de la Colombie-Britannique Charles Breton doute également du bien-fondé de la demande des libéraux. « On essaie d’avoir des armes pour ensuite aller voir la lieutenante-gouverneure et espérer qu’elle déclenchera une élection », croit-il. Charles Breton précise que la lieutenante-gouverneure ne peut décider d’aller en élection sans le conseil de la première ministre Christy Clark.

Mike Farnworth reconnaît qu’il risque d’y avoir des défis en Chambre si un président néo-démocrate est élu après une défaite du gouvernement libéral, mais souligne que les règles en place de l’Assemblée législative sont assez claires et permettent un gouvernement du NPD, aidé des verts.

Charles Breton ajoute que la lieutenante-gouverneure doit s’assurer qu’un gouvernement est en place, et s’attend à ce qu’elle se tourne vers le chef du NPD John Horgan pour tenter d’obtenir la confiance de la Chambre.

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