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Le syndicat des gardiens de prison réclame des investissements d'un milliard de dollars

Le syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO) demande que le gouvernement libéral dégage dans le budget de mercredi un milliard de dollars sur trois ans pour résoudre la crise qui secoue selon lui le système carcéral.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

Le SEFPO explique que les fonds serviraient à construire de nouvelles prisons, à embaucher du personnel supplémentaire et à étoffer les services en santé mentale dans les établissements de la province.

Le SEFPO soutient que le système carcéral est en crise depuis cinq ans en Ontario, notamment parce que le nombre de détenus ne cesse d'augmenter; ils sont aujourd'hui 8000 en détention. La surpopulation a selon lui des conséquences fâcheuses pour le personnel correctionnel qui subit la violence des détenus.

Selon le porte-parole du syndicat, Timothy Humphries, le taux d'agression physique a quadruplé en sept ans depuis 2010. « A peu près la moitié de nos détenus ont des problèmes de santé mentale alors s'ils sont dans une même cellule avec deux ou trois autres personnes pendant plusieurs jours de suite, imaginez ce que cela peut faire sur quelqu'un en détresse. »

Le président du SEFPO, Warren Thomas, ajoute que les Ontariens ne seront pas à l'abri si rien n'est fait pour pallier la pénurie de personnel dans les prisons et la société : ni les agents correctionnels, ni les détenus, ni les citoyens.

M. Thomas note que 5000 détenus ayant obtenu une libération après leur détention se sont volatilisés dans la nature parce qu'ils n'étaient pas assez surveillés dans la communauté à cause d'un manque d'agents de probation.

Le SEPFO demande la construction de nouveaux centres de détention et la modernisation des prisons existantes ainsi que l'embauche d'au moins 400 agents à temps plein sans compter des agents de probation et des infirmières additionnels. Le syndicat regrette en outre que le discours du Trône de la semaine dernière n'ait nullement fait mention des services correctionnels de l'Ontario.

La ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels, Marie-France Lalonde, affirme que son projet de loi 6 prévoit une transformation du système carcéral, mais elle est incapable de mentionner les sommes qui seront éventuellement allouées à cette fin dans le budget de mercredi.

Mme Lalonde précise néanmoins que son gouvernement va embaucher un autre groupe de 238 agents correctionnels dans le cadre de sa promesse de mars 2016 d'en embaucher 2000 au total. Le SEFPO réplique que la moitié de ces nouvelles recrues sont en fait des postes de cadre et non des postes de gardien.

Mme Lalonde ajoute que la province a investi dans la construction de deux nouvelles prisons à Ottawa et Thunder Bay. « On veut vraiment bâtir des prisons et des environnements qui vont répondre aux futures générations qui retournent dans la communauté après un bref séjour avec nous. »

La ministre propose aussi une meilleure collaboration avec le ministère de la santé pour offrir des soins et des services en santé mentale en milieux carcéral. Son ministère a déjà promis d'embaucher 22 infirmières supplémentaires, ce qui est toutefois loin d'être suffisant selon le syndicat.

Le SEFPO rappelle que les détenus aux prises avec des troubles de santé mentale devraient être à l'hôpital et non en prison. « Ce n'est sûrement pas moi qui prend la décision, ni nos agents correctionnels, mais bien le système de justice; moi, mon engagement est de travailler très fort pour m'assurer que cet individu ait de meilleures ressources [en détention] », de conclure Mme Lalonde.

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