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Le système de foyers de soins n'est pas viable au N.-B., selon la vérificatrice générale

La vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick conclut que le système de foyers de soins n'est pas durable et qu'une réelle solution doit être mise de l'avant par la province pour éviter le pire.

Un texte de Antoine Trépanier

Dans le premier volume de son rapport annuel 2016, Kim MacPherson affirme que de 2000-2001 à 2015-2016, le budget pour les services des foyers de soins a presque triplé, avec une augmentation de 285 %. Aujourd'hui, il en coûte 313 millions de dollars à la province.

L'infrastructure des foyers de soins est vieillissante, avance la vérificatrice générale, ce qui exige un montant estimé à 285 millions de dollars pour l'entretien, les réparations et le renouvellement.

« Il faut une solution à facettes multiples pour fournir des soins et des services durables à l'avenir, ce qui n'est pas aussi simple que d'ajouter plus de lits en foyers de soins au système existant », conclut Mme MacPherson.

Le rapport met en lumière la capacité du système à répondre à l'importante hausse de la demande de services dans les foyers de soins de la province.

Présentement, les foyers de soins fonctionnent à un rendement moyen de 98 %, alors que la demande est en hausse.

Le bureau de la vérificatrice générale prévoit que le nombre de personnes âgées au Nouveau-Brunswick doublera dans les 20 prochaines années.

« Plus de 10 000 lits en foyers de soins pourraient être nécessaires en 2036. Il y a actuellement plus de 4000 lits en foyers de soins dans la province », note Mme MacPherson.

Elle affirme que la situation actuelle a des répercussions multiples, comme des coûts supplémentaires de 40 millions de dollars dans les 5 dernières années pour les attentes dans les hôpitaux. Selon Mme MacPherson, cela contribue à des temps d'attente plus longs dans les hôpitaux et à une mauvaise utilisation des ressources essentielles. 

Dans son rapport, la vérificatrice générale traite également des services du curateur public et des associations de foires agricoles.

Peu de surprise selon l'ancien président de l'Association des foyers de soins

Le président sortant de l'Association des foyers de soins du Nouveau-Brunswick, Jean-Eudes Savoie, n'est pas surpris des conclusions de la vérificatrice générale.

« Là où on a fait défaut, c'est qu'on n'a pas suffisamment réagi, lance-t-il. Comment fait-on pour s'occuper de la population vieillissante [...] Comment fait-on pour s'assurer que cette tranche de la population puisse continuer à vivre dans leurs maisons et dans leurs logements tout en demeurant en bonne santé et autonome et capable de subvenir à leurs besoins. »

Jean-Eudes Savoie croit que le Nouveau-Brunswick ne s'est jamais trop attardé à la question des soins de longue durée.

« Malheureusement, la seule solution qui existe au Nouveau-Brunswick et au Canada, c'est qu'on arrive en fin de vie [...] on est placé dans un foyer de soins de longue durée. C'est une solution parmi tant d'autres, mais on a négligé le fait que dans la communauté il existe plusieurs ressources qui peuvent être utilisées et permettre d'aider la population vieillissante de demeurer active et en santé et de demeurer plus longtemps dans leur logement tout en diminuant le coût de garder une personne dans un lit d'hôpital ou dans un foyer de soins de longue durée. »

Selon l'ancien président de l'Association des foyers de soins du Nouveau-Brunswick, ce manque de vision explique le fait qu'aujourd'hui, le gouvernement n'a pas d'autre choix que d'adopter des mesures drastiques.

Avec les informations de Marie-Hélène Lange.

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