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Légalisation de la marijuana : des dépenses avant les profits, prévient Anne McLellan

La légalisation du cannabis à des fins récréatives entraînera d'abord des dépenses pour les gouvernements, prévient la présidente du groupe du travail qui se penche sur le dossier. En entrevue à Radio-Canada, l'ancienne ministre Anne McLellan ajoute qu'il sera impossible d'enrayer complètement le marché noir.

Un texte de Louis Blouin

La légalisation de la marijuana à des fins récréatives a le potentiel de générer des milliards en revenu à l'État. Cependant, la présidente du groupe de travail sur la marijuana tient à rappeler que le projet viendra aussi avec des coûts initiaux importants pour les différents paliers de gouvernement. Anne McLellan, ancienne ministre libérale de la Santé et de la Justice, souligne qu'il faudra financer des campagnes de prévention et former du personnel dans la foulée de la légalisation.

Elle cite l'exemple des États du Colorado et de Washington, qui ont absorbé de telles dépenses au départ.

Crime organisé : il ne faut pas être « naïf »

Le premier ministre Justin Trudeau répète que la légalisation permettra d'enlever les profits des mains du crime organisé. Mme McLellan croit pour sa part qu'il sera impossible d'enrayer complètement le marché noir lié au cannabis. « Le but de l'exercice est de minimiser l'implication du crime organisé » , explique-t-elle. Mais il ne faut pas être « naïf », ajoute-t-elle, et penser qu'il sera enrayé complètement. « Cela n'arrivera pas. »

Elle ne s'avance pas sur un éventuel prix ou un niveau de taxation, mais affirme que le gouvernement devra trouver le juste équilibre pour éviter de pousser les gens vers le marché clandestin. Le groupe n'a toujours pas statué sur une proposition d'âge légal pour consommer de la marijuana. L'Association médicale canadienne suggère 21 ans.

« De la pression »

L'ancienne ministre prévoit que d'autres pays observeront de près les décisions du Canada, qui agit comme l'un des « pionniers » en la matière. Les membres du groupe de travail sentent aussi de la pression des Canadiens sur cet enjeu complexe. « Il ne faut pas se lancer dans ce projet en croyant naïvement qu'il est sans risques », dit Anne McLellan. Elle lance un avertissement : le modèle qui sera implanté ne sera pas parfait.

30 000 commentaires

Le groupe de travail a reçu plus de 30 000 commentaires depuis le début des consultations, dont 500 de différentes organisations.

Le groupe se penche sur une série d'enjeux de santé publique, de sécurité ainsi que sur des méthodes de production, de distribution et de vente. Ses membres ont d'ailleurs visité les États de Washington et du Colorado pour étudier leur modèle. Ils soumettront leurs recommandations au gouvernement d'ici le 30 novembre. Ottawa étudiera les propositions avant de déposer un projet de loi au printemps 2017.

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