Retour

Légalisation du cannabis : le ministre des Finances du Manitoba veut plus de temps

Le ministre des Finances du Manitoba juge que l'échéancier imposé par Ottawa pour la légalisation du cannabis est trop serré. Il demande un délai supplémentaire, mais le gouvernement Trudeau le refuse.

Le gouvernement fédéral a annoncé en avril que la marijuana serait légale à partir du 1er juillet 2018.

Le ministre manitobain des Finances, Cameron Friesen, a déclaré lundi que le temps file, et qu’il y a toujours de nombreuses questions sans réponses notamment sur des enjeux de sécurité publique, sur l’application de la loi et les méthodes de distribution légale de la marijuana. Il s’est exprimé en marge de la réunion des ministres des Finances des provinces et territoires et de leur homologue fédéral Bill Morneau, à Ottawa.

M. Friesen soutient que les provinces sont responsables d’une grande partie du travail et devront assumer le « vrai coût réel » de la création d’un marché du cannabis réglementé.

Après la rencontre des ministres lundi après-midi, M. Friesen a confirmé que la question des délais avait été mentionnée dans la salle : « Le ministre Morneau dit qu’il reste engagé à respecter la date du 1er juillet, peu importe la complexité de ces enjeux, rapporte-t-il. Il semblait ferme. Mais le Manitoba n’est pas la seule juridiction à avoir exprimé des inquiétudes sur le calendrier proposé. »

Partage des recettes

Les ministres des Finances du pays sont réunis pour discuter de plusieurs enjeux économiques, y compris la meilleure manière de taxer l'éventuel marché réglementé de la marijuana

Les libéraux fédéraux ont déposé en avril un projet de loi avec pour but de légaliser et d'encadrer l'usage de marijuana à des fins récréatives d'ici juillet 2018. Le cannabis devrait être sujet à des taxes assez basses pour écarter son trafic illicite, mais assez élevées pour éponger les coûts de sa légalisation.

Or, les détails du partage des recettes avec Ottawa restent à déterminer. Le fédéral souhaite parvenir à une « approche coordonnée » avec les provinces sur la taxation du cannabis.

Les ministres provinciaux pour leur part veulent s’assurer qu’ils reçoivent une part des recettes fiscales qui reflète fidèlement les coûts supplémentaires qu’elles devront débourser pour ce nouveau marché.

Cameron Friesen, lui, estime que la question de la taxation n’est pas le plus urgente, et insiste sur la sécurité : « On a eu beaucoup de discussions dans la salle sur le niveau d’imposition, mais l’accent doit être mis sur les défis comme la sécurité, l’éducation, la réglementation. »

Il ajoute que la Loi 25 sur les méfaits du cannabis récemment adoptée à l’Assemblée législative du Manitoba va dans ce sens.

Avec des informations d'Andy Blatchford et Mylène Crête, La Presse canadienne

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine