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Légalisation du cannabis : les provinces veulent des précisions

Les premiers ministres provinciaux, réunis à Edmonton pour la réunion du Conseil de la fédération, ont identifié cinq enjeux en lien avec la légalisation du cannabis sur lesquels ils réclament des précisions du gouvernement fédéral, sans quoi ils ne seront pas en mesure de respecter l'objectif du 1er juillet 2018.

« Nous allons travailler vers cette échéance, mais le gouvernement fédéral a aussi du travail à faire pour que l’on respecte l’échéance », a indiqué la première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, à l'issue de la réunion.

Les cinq enjeux suivants inquiètent particulièrement les premiers ministres :

  • Sécurité routière et mécanismes visant l'application du Code de la sécurité routière
  • Approvisionnement et liens avec le marché illégal
  • Régime de taxation et prise en compte des coûts
  • Préparation et formation liées aux réseaux de distribution
  • Campagne de sensibilisation du public

Ils demandent au gouvernement fédéral de répondre à leurs questions sur ces enjeux d'ici novembre prochain afin de respecter l'échéance du 1er juillet 2018, choisie par le gouvernement de Justin Trudeau.

L'imminence de cette date inquiète bon nombre de provinces, qui expliquent en être toujours à mener des consultations sur le sujet. Les résultats de certaines études se font toujours attendre, font également valoir les premiers ministres.

Le Manitoba s'oppose au calendrier d'Ottawa

Avant même le début des discussions, une voix s’est élevée pour demander que le gouvernement fédéral reporte d'un an l'entrée en vigueur de la loi qui légalise la marijuana. Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, a fait un discours mardi dans lequel il soulignait le fait que les provinces et les territoires ne disposent pas d’assez de temps pour mettre en place des règlements et des dispositions sur la sécurité routière, ni sensibiliser le public à la question d’ici l’entrée en vigueur de la loi.

Précipiter la légalisation de la marijuana pourrait non seulement mettre en danger des vies, mais aussi compromettre les relations commerciales avec les États-Unis, où plusieurs États ont des règles strictes concernant la marijuana, estime-t-il.

Selon lui, les premiers ministres devraient utiliser leur temps et leurs efforts pour se concentrer sur l’ALENA en ce moment et accorder plus de temps à la sensibilisation du public et à la mise en place des politiques concernant le cannabis.

De son côté, Philippe Couillard, s'est montré résigné devant la fermeté d’Ottawa. « Ça donnerait plus de temps à la commission parlementaire, à l’Assemblée nationale, de faire son travail, a noté M.Couillard mercredi matin. Mais on va être prêt pour le 1er juillet parce que M.Trudeau, à deux ou trois reprises déjà, a dit que c’était le 1er juillet. »

Brian Gallant, du Nouveau-Brunswick, estime pour sa part qu'une fois que les questions délicates de la production, de la vente et de la distribution seront réglées, le cannabis légalisé pourrait offrir des perspectives sur le plan économique pour les provinces.

Une autre inquiétude des provinces concerne l’âge minimal pour la consommation du cannabis, fixé à 18 ans par le gouvernement fédéral. Certains premiers ministres affirment qu'il devrait être plus élevé et être le même dans tout le pays.

Justin Trudeau persiste et signe

Appelé à commenter les inquiétudes des premiers ministres provinciaux, Justin Tudeau a refusé toute prolongation de l'échéance.

Le système actuel est intenable, a souligné le premier ministre, soulignant qu'il profite aux criminels tandis que les Canadiens en paient le prix.

Les policiers inquiets des impacts

À Montréal, l'Association canadienne des chefs de police (ACCP), qui tenait mercredi sa conférence nationale, a fait valoir que le crime organisé n’allait pas se retirer du marché de la marijuana parce qu'elle sera bientôt légalisée.

Les chefs des services de police du pays s'inquiètent de plusieurs impacts de cette législation. Ils font valoir que beaucoup de formation devra être donnée aux agents qui sont sur le terrain afin d'assurer qu'ils connaissent bien les nouvelles dispositions de la loi. Ils réclament aussi l'équipement et le financement nécessaires à leur travail.

De l'argent sera notamment requis pour des experts en reconnaissance de drogues, qui seront des policiers formés pour détecter les conducteurs aux facultés affaiblies par les drogues. Leur formation est très coûteuse lorsqu'elle est effectuée aux États-Unis, a indiqué le président de l’ACCP, Mario Harel.

Il estime à 2000 les besoins pour de tels experts, alors qu'il n'y en a que 600 actuellement au Canada.

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