Retour

Légalisation du cannabis : minuit moins une pour les municipalités

Le processus pour légaliser la marijuana va trop vite au goût de certains maires de la région. Ils trouvent qu'il y a encore de nombreuses questions qui doivent être répondues avant la date butoir du 1er juillet.

Un texte de Jean-François Deschênes

Certaines municipalités ont besoin d’un minimum de trois mois pour adapter les règlements municipaux à la nouvelle réalité.

Mais avant de faire des modifications, il faut d’abord que le gouvernement du Québec adopte son propre projet de loi sur le canabis. Une étape qui devrait être faite dans les prochaines semaines, ce qui laissera peu de temps aux municipalités pour agir.

Avant d'en débattre au conseil municipal, le maire de Saint-Anne-des-Monts, Simon Deschênes, veut des réponses.

Il se demande notamment s'il y aura de l'argent pour aider à mettre en place les mesures et les faire respecter par les policiers, ainsi qu’en faire la promotion. Il se demande aussi combien coûteront les permis et les assurances, par exemple.

Cigarette et alcool

Jusqu’à présent, les élus avec qui nous avons discuté croient que leurs règlements ressembleront à ceux qui encadrent le droit de fumer la cigarette près de bâtiments publics et la consommation de boissons alcooliques dans les parcs, par exemple.

Si le temps manque, le maire de Gaspé, Daniel Côté, croit qu'il se résignera à adopter des mesures temporaires. « C’est sûr qu’à partir du moment où il est imposé par le gouvernement fédéral, on va vivre avec, on va composer avec, quitte à avoir quelque chose de plus provisoire en attendant. »

Minuit moins une

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) et la Fédération québécoise des municipalités (FQM) étudient le dossier et proposeront des règlements aux municipalités.

Le président de l’UMQ, Alexandre Cusson, souhaite que les municipalités aient le temps de faire le travail convenablement tout en laissant la possibilité aux citoyens de se prononcer sur ces enjeux.

Il demande aux gouvernements de se dépêcher. « Si on arrive en bout de course et qu'il ne reste pas assez de temps, il faudra que le gouvernement fédéral fasse preuve de compréhension et le gouvernement provincial également. »

Aussi, les associations municipales sont conscientes que ces changements coûteront cher à leurs membres et c’est pour cette raison qu’elles demandent un partage équitable des revenus liés au cannabis.

Plus d'articles