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Les 10 meilleurs coups de Québec solidaire en 10 ans, selon Françoise David

Québec solidaire souffle ses 10 bougies. L'heure est au bilan. Voici 10 réalisations ou idées du parti dont Françoise David dit être particulièrement fière. La cofondatrice et co-porte-parole demeure toutefois réaliste : il reste beaucoup à faire pour accroître les appuis et la présence de la formation de gauche, qui compte trois députés à l'Assemblée nationale.

Un texte de Mathieu Gobeil

À sa naissance en 2006, après la fusion d'Option citoyenne et de l'Union des forces progressistes, le parti a obtenu 3,64 % des votes. Au dernier scrutin, en 2014, ce chiffre était de 7,63 %. La formation a connu un progrès relatif, mais reste souvent perçue comme idéaliste et marginale sur le plan politique. Ce dont se défend Françoise David lors d'une entrevue bilan. 

1. La concrétisation d'un projet politique

« Après 10 ans, on a 11 000 membres et à peu près 80 associations dans toutes les régions du Québec. On est un parti de gauche, vivant, et dynamique en Amérique du Nord. Juste ça, c'est une réussite. Je suis fière qu'on ait fait mentir tous ceux qui nous prédisaient des déchirements et des scissions rapides. Comme on le sait, "la gauche ne cesse de s'entre-déchirer". Ça n'est pas arrivé. »

2. Pharma-Québec

« Le projet de centralisation de la négociation des médicaments s'accompagne pour nous, dans notre esprit, d'un projet de mise en place d'une entreprise publique de production de médicaments génériques. Mais, au moins, la partie négociation par l'État des médicaments prescrits est en train de faire son chemin. C'est une belle idée de Québec solidaire. »

3. Enquête sur l'usage de prête-noms au sein de firmes d'ingénieurs

« Avec l'aide de bénévoles, on a réalisé une enquête en 2010 sur les entreprises qui avaient utilisé des prête-noms. Et finalement, dans au moins un cas, le Directeur général des élections du Québec nous a donné raison. Alors, imaginez-vous : on est le petit parti, on fait ça avec des bénévoles, Amir [Khadir, député de Mercier], a passé quelques nuits à le faire, mais finalement, oui, on a été capables de le mettre sur la place publique. »

4. Lutte à l'évasion fiscale

« Amir Khadir a été le premier à en parler à l'Assemblée nationale et il y a maintenant une commission parlementaire [sur les paradis fiscaux]. »

5. Contre le pétrole au Québec

« On a été les premiers et on est encore les seuls à défendre de façon claire nette et précise la sortie du pétrole pour le Québec. Donc, notre opposition aux forages à Anticosti et aux sables bitumineux dans les oléoducs, c'est depuis le début et ça continue. On est cohérents, on ne change pas d'idée comme de chemise. »

6. Protéger les locataires aînés

« J'ai déposé un projet de loi sur la protection des locataires aînés [menacés de perdre leur logement en raison de hausses de loyer ou de la conversion en condos]. On est presque rendus à l'aboutissement. »

7. Se souvenir de Polytechnique

« J'ai réussi à convaincre le Cercle des femmes parlementaires, il y a maintenant un an, à faire une motion commune pour commémorer les 25 ans du triste massacre de Polytechnique. Notre parti est donc capable à la fois de combattre résolument des adversaires et d'apporter des propositions différentes, mais aussi de travailler avec des adversaires qui sont aussi des collègues à certains moments dans des dossiers d'intérêt commun. »

8. Viser la parité homme femme

« La parité existe à Québec solidaire, à tous les échelons du parti. On ne fait pas que parler de l'égalité entre les hommes et les femmes, on l'applique chez nous. Mais on est à 39 % de femmes ministres à l'Assemblée nationale et à peu près un tiers de femmes dans tout le Salon bleu. C'est vraiment trop peu, c'est clair. »

« Maintenant, je dirais que les femmes parlent de plus en plus. D'abord on se parle entre nous, nous avons le Cercle des femmes parlementaires, qui nous donne beaucoup de force, qui nous aide à développer des complicités entre nous au-delà des partis et je pense que notre influence au sein des partis politiques augmente tranquillement. »

« On doit aux femmes de l'Assemblée nationale d'avoir obtenu l'engagement du gouvernement libéral de mettre en place un registre [québécois] des armes à feu. Le projet de loi est déposé. Je sais, il y a des divergences dans certains partis. C'est amusant, d'ailleurs, parce que ce ne sont que des hommes, à peu près, qu'on voit parler là-dessus. Alors, voilà une autre bataille que nous allons mener. »

9. Le trio David-Khadir-Massé

« On a trois députés. Je sais, certains diront que ça n'est pas beaucoup. Mais pour un parti de gauche, écologiste, féministe, souverainiste, qui s'affiche, et s'affirme clairement, c'est déjà pas mal. On fait vraiment changer le vote dans trois circonscriptions montréalaises et on n'en est pas peu fiers. »

« Et on est en quelque sorte trois députés atypiques. Amir, médecin, d'origine iranienne, qui n'est pas un québécois dit "de souche". Moi, je suis une Québécoise "de souche", mais connue comme une personnalité féministe, de premier plan, depuis 20 ans. Ce n'est pas fréquent non plus dans le monde politique. Et Manon [Massé, députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques], qui est connue pour être une organisatrice communautaire, défendre la veuve et l'orphelin, et en plus, qui représente pour bien des gens un modèle physique, si vous voulez, complètement atypique. Mais elle a été élue! C'est ça qui est génial. Donc, une sorte de trio atypique, mais qui réussit à faire du bruit. »

10. Une présence accrue, aussi hors-métropole

« De sondage en sondage, une tendance se maintient : les intentions de vote [pour QS] en région sont les mêmes qu'à Montréal. Autour de 16 %. Chez les francophones, 19 %. C'est la première fois que ça nous arrive, on en est très content. Maintenant, est-ce qu'il y a du travail à faire? Oui, évidemment. »

« Je dirais qu'on est un parti plus urbain que montréalais. À Rouyn-Noranda, à Saguenay, à Rimouski, Sherbrooke, on est capable d'avoir des résultats au-dessus de la moyenne nationale. Là où on a plus de difficulté, ce sont dans les banlieues et dans les régions très rurales. »

« Un des défis pour nous, c'est l'économie. Je reçois plein de témoignages de gens qui nous disent à quel point on est formidable, de ne pas lâcher le morceau. On pourfend l'austérité, on vise une plus grande justice sociale. Est-ce qu'on est capables de gouverner, est-ce qu'on comprend ça l'économie et qu'on peut être de bons gestionnaires? Oui. Mais il faut convaincre les gens. »

« Nous avons entrepris une tournée de toutes les régions du Québec. Et nous allons en discuter avec les acteurs socioéconomiques, nous les écoutons. Nous leur demandons quelle est leur vision du développement économique dans leur milieu. Nous voulons, pour la campagne électorale de 2018, avoir des plans de développement économique pour chacune des régions du Québec. »

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