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Les 5 priorités électorales des communautés francophones et acadienne

La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) veut que le prochain gouvernement fédéral respecte la Loi sur les langues officielles « pour vrai ». Cette revendication s'inscrit parmi les cinq priorités établies par la FCFA pour le parti qui sera porté au pouvoir le 19 octobre prochain.

Un texte de Christianne Hacault

« On s'assure de communiquer avec chaque parti politique pour leur dire quels sont nos enjeux et nos demandes, explique la présidente de la FCFA, Sylviane Lanthier. Nous voulons que les partis comprennent le dialogue qu'on veut avoir avec le prochain gouvernement fédéral, quel que soit le parti qui [prendra] le pouvoir, sur des enjeux qui sont importants pour nous. »

L'immigration francophone

Depuis 10 ans, le Canada accueille annuellement au moins 200 000 immigrants ou résidents permanents. Le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, a récemment affirmé que, pour développer les minorités francophones au Canada, au moins 4,4 % de l'ensemble des immigrants acceptés devraient être francophones et devraient s'installer à l'extérieur du Québec. Or, actuellement, seulement 2 % des immigrants viennent grossir les rangs des francophones hors du Québec.

La FCFA réclame une « part équitable » de l'immigration annuelle au pays.

« Ce qu'on demande, c'est que le prochain gouvernement fédéral s'assure de mettre en place une vraie lentille francophone dans les programmes d'immigration pour faire en sorte qu'on arrive à atteindre les cibles qu'on s'est données », précise Sylviane Lanthier.

Le respect de la Loi sur les langues officielles

La FCFA demande au prochain gouvernement de s'engager à ne pas tolérer « moins que l'excellence » en matière de respect de la Loi sur les langues officielles.

« On parle des services qui sont offerts aux Canadiens dans les deux langues officielles, mais aussi de respecter la loi quand elle dit que le gouvernement fédéral doit viser l'épanouissement de nos communautés francophones, affirme la présidente de la FCFA. Ce qu'on veut, c'est que les gens dans les villes et les villages puissent vivre le maximum de leur vie en français ou dans la langue officielle de leur choix. »

La FCFA voudrait aussi que le gouvernement fédéral investisse dans les infrastructures qui ont été créées par et pour les communautés francophones minoritaires.

« Il faut que le gouvernement comprenne que, en investissant dans l'infrastructure communautaire, il permet aux francophones de se donner des services et de les modeler selon leurs propres besoins et en fonction de leur diversité », poursuit Mme Lanthier.

La Feuille de route pour les langues officielles

La présidente de la FCFA réclame aussi plus de transparence dans la gestion de la Feuille de route pour les langues officielles, une enveloppe de 1,1 milliard de dollars sur cinq ans pour soutenir le bilinguisme au pays.

« En ce moment, il y a beaucoup de choses qu'on ne connaît pas très bien au niveau des suivis de la Feuille de route », avoue Sylviane Lanthier, précisant que le programme englobe les subventions offertes aux organismes francophones, mais aussi la livraison de services gouvernementaux et la défense des programmes du gouvernement fédéral.

« C'est important aussi de faire en sorte que, dans l'application de la Feuille de route par les différents ministères, le "par et pour les communautés francophones" soit vu comme étant quelque chose à respecter », affirme Mme Lanthier.

La désignation bilingue d'Ottawa

La FCFA continue d'appuyer le projet d'officialisation du bilinguisme à la Ville d'Ottawa, réaffirmant qu'une désignation bilingue aurait une forte valeur symbolique.

« Je pense que dans la capitale d'un pays qui est officiellement bilingue, les services dans les deux langues officielles prennent une importance encore plus grande que dans d'autres endroits », affirme Sylviane Lanthier.

La protection des médias francophones

La FCFA voudrait que le prochain gouvernement s'assure que Radio-Canada ait les moyens de s'acquitter de son mandat, affirmant que c'est important pour les communautés francophones qu'elle représente.

La Fédération entend demander aux partis de prendre position sur ces questions et « mettra la pédale un peu plus fort en septembre » sur la revendication de ses priorités.

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