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Les acteurs de l'industrie du bois d'oeuvre redoutent une crise du secteur forestier

Le département américain du Commerce annoncera mardi s'il compte imposer, ou non, des droits compensatoires, de 20 % en moyenne, sur le bois d'oeuvre canadien.

Les Américains accusent le Canada de subventionner injustement les entreprises forestières canadiennes par l'entremise de droits de coupe peu élevés. Ce qui permettrait aux producteurs de bois d'oeuvre canadiens d'être plus compétitifs sur le marché américain selon eux.

Les acteurs de l'industrie forestière canadienne estiment que les conséquences de cette mesure sur leurs activités pourraient être désastreuses.

Le directeur principal des affaires publiques et relations gouvernementales de l'entreprise Produits forestiers Résolu, Karl Blackburn, ne cache pas son inquiétude.

« C'est très inquiétant parce que la production du bois d'oeuvre se fait dans des régions où nous avons des installations qui transforment la matière première. Si malheureusement ces droits compensatoires venaient à réduire notre production parce qu'il y aurait moins d'acheteurs du côté américain, cela se traduirait par moins d'emplois dans nos régions. »

Le gouvernement du Québec pourrait annoncer des mesures de soutien financier et notamment des prêts aux scieries. Un soutien indispensable selon Marco Veilleux, qui travaille pour l'entreprise Fortress Paper, à Thurso.

« On a vécu, nous, notre entreprise, il y a quelques années, une taxe imposée par la Chine et on comprend que c'est très pénible et que ça a des impacts très importants au niveau des ventes d'une entreprise. On est passé au travers, donc on comprend très bien ce que vivent les gens qui travaillent dans le bois d'oeuvre, ce matin. »

Un soutien du gouvernement fédéral?

Le maire de Thurso, une ville dont l'économie repose sur l'industrie du bois, dénonce la volonté du gouvernement américain d'imposer des droits compensatoires sur le bois d'oeuvre au Canada.

« Ça va avoir un impact majeur sur notre industrie forestière. On s'en va vers une nouvelle crise de l'industrie forestière. Dans nos communautés, c'est l'ensemble du développement économique local qui est touché. Les gens d'affaires sont inquiets », a déclaré le maire Benoit Lauzon.

M. Lauzon a expliqué que sa municipalité, comme beaucoup d'autres au Québec, est basée sur une économie mono-industrielle qui repose sur l'industrie forestière.

Selon M. Lauzon ce sont les petites et moyennes entreprises qui vont en pâtir le plus.

« Les Américains disent que l'industrie forestière québécoise est subventionnée », affirme le maire de Thurso.

« C'est complètement faux depuis la mise en oeuvre du nouveau régime forestier. Le bureau de mise en marché du bois vient déterminer le prix de la fibre en forêt, le prix des droits de coupe. Il faut que le gouvernement canadien travaille à le démontrer au côté américain. On a besoin de notre gouvernement canadien pour nous appuyer dans cette crise forestière. »

Benoit Lauzon explique que, selon lui, que le gouvernement fédéral canadien devrait appuyer l'industrie forestière.

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