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Les administrateurs indépendants du CUSM claquent la porte

Tous les administrateurs indépendants du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) claquent la porte du conseil d'administration et dénoncent l'attitude du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui selon eux refuse de dialoguer.

Ils ont annoncé leur démission dans un communiqué transmis lundi en fin d'après-midi. Ceux-ci avaient été nommés en 2015 par le ministre sous la recommandation d'un comité d'experts.

Dans leur déclaration, ils lancent des critiques acerbes à l'égard du ministre Barrette, qui selon eux refuse de les rencontrer, ignore leurs lettres et les prive de consulter le contenu de rapports avant leur publication.

Ils prétendent que le ministre considère leur C. A. comme une « pierre d'achoppement » dans la mission du CUSM.

Les 10 administrateurs jugent donc être dans une « impasse » et, « dans l'intérêt supérieur du CUSM », ils ont remis leur démission.

Le ministre accepte les démissions

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a déploré les problèmes budgétaires chroniques du CUSM, au cours d’une entrevue à Gravel le matin. « Il y a eu pendant neuf années consécutives des auditeurs qui sont allés dans cet hôpital […], il y a un problème chronique de budget et le dernier rapport que j’ai eu recommandait la tutelle. Ce n’est pas moi qui l’invente. »

« C’est un sujet à propos duquel on a eu de nombreuses, nombreuses discussions, poursuit-il. Je ne peux prendre 15 % de la marge de manœuvre du Québec – qui s’élève à 300 millions de dollars - pour corriger une situation dans un seul hôpital. On se retrouve aujourd’hui avec des experts externes qui recommandent la tutelle. »

Le ministre Barrette, qui a souligné que les soins de santé offerts au CUSM demeurent « de classe mondiale », accueille la démission des administrateurs indépendants du CUSM et il estime désormais qu’il est temps de tourner la page.

Pas juste un comité consultatif

Selon les démissionnaires, le conseil d'administration ne peut se contenter d'être un organisme consultatif et « doit assumer pleinement son rôle qui consiste à gouverner les affaires du CUSM ».

« Autrement, non seulement sera-t-il difficile d'attirer des représentants talentueux de la communauté afin de siéger au conseil, mais l'influence et la contribution de la collectivité se trouvent diminuées si la gouvernance est laissée aux mains d'une seule personne », ajoutent-ils.

Les administrateurs indépendants du CUSM sont Claudio Bussandri, Gail Campbell, Marie Giguère, David Laidley, Teresa Pacheco, Robert Rabinovitch, Janis Riven, Glenn Rourke, Melissa Sonberg et Norman Spencer.

L’un des démissionnaires du C. A. explique que la situation est difficile à comprendre pour quelqu’un comme lui, qui vient du milieu des affaires. « Ça n’arriverait pas comme ça [dans le secteur privé], c’est impossible, avance Glen Rourke. Si nous n’avons pas l’aide du ministre et du ministère, on ne peut pas faire notre ouvrage. »

Une gouvernance à sens unique, selon le PQ

La porte-parole du Parti québécois en matière de santé, Diane Lamarre, a salué la décision de ces derniers, affirmant qu'il fallait « beaucoup de courage pour tenir tête à Gaétan Barrette ».

« Depuis 10 mois, il n'y a plus de président-directeur général et maintenant, 10 membres du C. A. du centre de santé McGill démissionnent. Ils osent briser la loi du silence imposée par le ministre. Ils refusent, avec raison, de n'être qu'un comité consulté à l'occasion », a-t-elle écrit sur sa page Facebook.

« C'était donc cela, l'amélioration de la gouvernance promise par le ministre? C'est plutôt une gouvernance à sens unique, celui imposé par le ministre », poursuit-elle.

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