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Les agents de la sécurité routière et les shérifs du N.-B. sont armés

Le nombre d'agents provinciaux armés va plus que doubler au Nouveau-Brunswick. Leurs habiletés à procéder à des arrestations ont aussi été renforcées au cours des dernières années.

Un texte de Nicolas Steinbach

Une trentaine d’agents de la sécurité routière, dont la responsabilité est l’inspection des véhicules à moteur, ont suivi une formation de trois semaines et terminé les examens sur la sécurité des armes à feu ce printemps. Ils ont reçu leur certification et portent désormais une arme à feu.

De leur côté, les shérifs recevront une formation pour le maniement de l’arme à feu cet automne. Environ 150 seront habiletés à porter une arme au cours des trois prochaines années.

Le ministère de la Justice et de la Sécurité publique a récemment pris cette décision après avoir effectué une évaluation de risques pour les agents de la sécurité routière et les shérifs.

Selon le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, le monde de la criminalité a bien changé au Nouveau-Brunswick. « Il y a des personnes qui peuvent avoir des armes dans le monde criminel. Après les évaluations de risques, ça a été décidé que ces agents devaient porter une arme pour leur sécurité et puis pour la sécurité du public » souligne Denis Landry.

Denis Landry estime que la présence de groupes de motards criminels sur le territoire est un exemple du niveau de risque auquel s'exposent les agents. « Lorsqu’on parle de groupes criminels organisés, c’est justement ce qu’on vous dit que le niveau d’armement sur les routes a changé, c’est là que ça vient lorsqu’on parle de l’évaluation du risque, ça fait partie de ça ».

Les agents affectés à des contrôles routiers devront porter une arme, contrairement à ceux au poste de pesée des véhicules lourds. La formation est cependant volontaire assure Denis Landry. « Ils ne perdront pas leurs emplois parce qu’ils refusent la formation ou parce qu’ils n’ont pas les qualifications et qui ne passent pas les tests ».

En plus de donner des contraventions pour excès de vitesse, l'habileté des agents à procéder à des saisies et des arrestations a aussi été renforcé au cours des dernières années.. « Ce sont des agents de paix et ça leur donne plus de pouvoir, comme de faire des arrestations. Ce n’était pas le cas avant. », mentionne Denis Landry.

Le sergent de l’application de la loi sur les véhicules utilitaires, Roch Bourgoin, responsable d'une équipe de 6 hommes dans le nord du Nouveau-Brunswick, fait valoir que la province est la première à munir ses agents d'armes à feu.

« L'évaluation de risques a révélé qu'on a plus de chances aujourd'hui que 10 ans passés de faire une intervention où il y a une arme à feu, surtout avec le transport commercial où on a des véhicules qui proviennent des États-Unis et on sait que là-bas les règlements concernant les armes à feu sont un peu plus laisser-aller qu'au Canada ».

Selon lui, la fusillade de juin 2014 à Moncton a aussi été un des éléments déclencheurs qui a mené à la décision du ministère de la Justice et de la Sécurité publique.

Shérif, un métier à « haut risque »

« Pourquoi ils devraient avoir des ports d’armes ? C’est quand ils vont faire des perquisitions ou des saisies. Pour le travail de cour de justice et le transport de prisonniers, ils ne seront pas armés. Il y a des choses qui font dans leur métier qui sont à haut risque », explique Denis Landry.

Le nombre d’agents provinciaux armés va doubler dans les prochaines années et la chose est relativement méconnue du public. « Je l’ai appris hier », dit candidement le ministre Landry, « c’est fait à l’intérieur du ministère, mais ça ne me surprend pas ».

Le ministre de la Sécurité publique affirme également ne pas connaître la vision à plus long terme de son ministère, mais, selon lui, il n’est pas question de former un corps de police provinciale. « Si vous me demandez : "est-ce qu’on s’attend à former une police spéciale?" De ce que je sais pour l’instant, je peux vous dire que non ».

Une police à rabais ?

Des agents de la sécurité routière, qui ont souhaité garder l’anonymat, estiment que Fredericton est en train de mettre en place une police provinciale à rabais. Six d'entre eux ont refusé de porter une arme et 33 ont suivi la formation.

Selon le syndicat du Nouveau-Brunswick, qui représente les corps d’agents provinciaux comme la sécurité routière et les shérifs, la question divise.

« Il y a 50 % des membres qui désiraient avoir une arme pour se protéger et d’autres qui disaient que ce nétait pas nécessaire. Le syndicat a décidé de ne pas prendre de position étant que la question est si tranchante », affirme Susie Proulx-Daigle.

Mme Proulx-Daigle explique aussi que des agents sont réticents à porter une arme de peur de se la faire prendre lors d’une altercation.

« Il y a des membres qui m’appellent et disent c’est exactement ça qu’ils voulaient (de porter une arme à feu) et d’autres qui disent je n’aurais jamais voulu être une police, si j’avais voulu je me serais enregistré pour devenir policier ».

La formation de l’arme à feu pour les shérifs va s’étendre sur les trois prochaines années.

« Y en a qui ont plus de tâches assignées et un rôle plus policier, on est au courant de ça, il y a un exercice qui s'entame tout de suite pour s’il pouvait y avoir des reclassifications ou lorsqu’on ira à la table de négociation, on va essayer de négocier (..) des sortes de primes ».

La prochaine négociation de convention collective pour les shérifs et les agents de sécurité routière est en 2019 selon le syndicat.

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