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Les Autochtones invitent les chefs fédéraux à débattre de leurs enjeux

Pour le chef national de l'Assemblée des Premières Nations (APN), Perry Bellegarde, il est grand temps que les chefs des partis fédéraux se prononcent sur les enjeux qui touchent de près les Autochtones. À cette fin, l'APN organise le 7 octobre en Alberta une discussion ouverte à laquelle elle convie les chefs.

Car, selon Perry Bellegarde, « nous pouvons éliminer l'écart qui sépare les membres des Premières Nations du reste de la population canadienne ».

Des engagements sont attendus

Dans cette optique, il importe que les partis politiques prennent des engagements. « Nous avons clairement exprimé nos priorités et nous souhaitons un débat qui leur accorde une place prépondérante durant cette élection », a déclaré M. Bellegarde, quelques heures après que Radio-Canada eut diffusé, jeudi, le grand débat en français opposant les chefs des principaux partis fédéraux.

Par voie de communiqué, Perry Bellegarde a déploré le fait que les chefs, durant ce débat, n'aient fait référence aux enjeux des populations autochtones que dans le contexte de thèmes généraux.

Par exemple, le chef de l'APN a noté que la chef du Parti vert, Elizabeth May, « a lancé un appel à l'action relativement au dossier des femmes autochtones disparues ou assassinées et a évoqué la nécessité de mettre en oeuvre les appels à l'action émanant de la Commission de vérité et réconciliation ».

« Mme May a également fait remarquer que le surplus budgétaire a été obtenu en partie en privant les Premières Nations d'un financement grandement nécessaire », dit Perry Bellegarde.

Perry Bellegarde a noté également que « le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a affirmé que les Premières Nations devraient prendre part au débat constitutionnel. Pour sa part, le chef libéral, Justin Trudeau, a affirmé que les Premières Nations doivent agir comme partenaires des évaluations environnementales. Quant au premier ministre Stephen Harper, il n'a pas évoqué une seule fois les peuples autochtones ni leurs priorités ».

Un écart saisissant

Dans un document rendu public en juillet, l'APN citait que l'écart entre les Premières Nations et le reste du Canada est bien documenté : à l'indice du développement humain des Nations unies, le Canada est classé quelque part entre le 6e et le 8e rang, alors que les Premières Nations sont en revanche entre le 63 et le 78e rang.

Plus précisément, l'APN rappelle que :

  • la moitié des enfants des Premières Nations vivent dans la pauvreté;
  • l'espérance de vie des citoyens des Premières Nations est de cinq à sept années plus courte que celle des autres Canadiens;
  • plus de 40 000 enfants et jeunes des Premières Nations sont placés en famille d'accueil;
  • 132 collectivités des Premières Nations sont visées par des avis d'ébullition de l'eau;
  • plus de 1200 femmes et jeunes filles autochtones ont été assassinées ou portées disparues.

L'APN demande notamment au gouvernement fédéral l'instauration d'une enquête publique nationale sur la question des femmes et des jeunes filles autochtones disparues ou assassinées. Par ailleurs, l'APN attend du prochain gouvernement des financements pour la préservation de la soixantaine de langues parlées par les premiers habitants du Canada.

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