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Les campagnes électorales peuvent-elles vraiment faire une différence?

Avec une avance considérable dans les sondages, tout indique que les troupes de Doug Ford ont le vent dans les voiles. Si les élections avaient lieu cette semaine, ils formeraient un gouvernement majoritaire. Mais à la veille du début de la campagne électorale, peut-on penser que d'autres scénarios sont possibles?

Un texte de Julie-Anne Lamoureux

La réponse courte, c'est oui évidemment.

Et les exemples ne manquent pas.

En 2015, les libéraux fédéraux de Justin Trudeau étaient en troisième place dans les intentions de vote et sont parvenus à former un gouvernement majoritaire. Les libéraux ontariens de Kathleen Wynne tiraient de l'arrière en 2014 avant de remporter l'élection.

Même chose en Alberta en 2015 alors que le NPD de Rachel Notley n'était pas favorite dans les intentions de vote. Il l'a emporté avec 41% des votes et a pu former un gouvernement.

Plus récemment, il y a eu l'élection de Donald Trump comme président des États-Unis et celle de Emmanuel Macron comme président de la France.

Squelette ou controverse

En campagne électorale, les partis politiques recherchent activement des squelettes dans le placard de leurs adversaires pour tenter de les faire éclater au grand jour et créer la controverse.

Parfois, c'est un enjeu qui devient un élément central de la campagne.

En 2014, le chef progressiste-conservateur Tim Hudak, qui était en avance dans les sondages, annonçait son intention d'éliminer 100 000 emplois dans le secteur public pour en créer un million dans le secteur privé.

Les conservateurs ont dû se débattre par la suite pour expliquer que les emplois seraient éliminés par attrition notamment et avec des congés de maternité non remplacés. Mais ils ne sont jamais parvenus à se relever.

Débat des chefs

Les débats des chefs peuvent aussi marquer un tournant dans une campagne. Un chef peut se surpasser ou offrir une performance décevante et ainsi changer l'opinion des électeurs.

Souvent, les électeurs ne portent pas attention aux enjeux politiques avant la campagne électorale.

Ce genre de rendez-vous est donc majeur pour influencer les gens.

Durée et taux de participation

La durée d'une campagne peut aussi avoir un impact sur les résultats. Au fédéral en 2015, la longue campagne a permis aux libéraux de Justin Trudeau de faire connaître leur message, ce qui n'aurait peut-être pas été possible avec une campagne de 4 ou 5 semaines.

Tout dépend aussi du taux de participation de l'élection. Quel parti a la meilleure organisation pour s'assurer que ses électeurs se rendent aux urnes?

Le contexte de cette année

L'analyste des sondages Eric Grenier indique qu'il est toujours possible que les sondages préélectoraux ne reflètent plus la réalité au terme de la campagne électorale.

Malgré des revirements au cours des dernières élections à différents endroits au Canada et dans le monde, la tendance lourde est pourtant claire selon lui.

D'autant plus que dans le contexte actuel, les libéraux sont au pouvoir depuis 15 ans et il existe une lassitude à leur égard.

Les conservateurs ont une telle avance qu'il faudrait un revirement majeur selon Geneviève Tellier pour qu'ils perdent toute la marge de manoeuvre dont ils disposent.

David Coletto de Abacus Data estime que même si tout indique que le dénouement de la campagne est prévisible, il faut s'attarder aux électeurs qui demeurent indécis. Selon lui, 48% des électeurs sont prêts à voter pour plus d'un parti et donc pourraient changer leur vote en cours de campagne électorale.

Les campagnes électorales font-elles une différence? Voici ce que les partis en pensent:

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