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Les candidats à la direction du PQ courtisent la jeunesse

Les enjeux liés à l'éducation et à la jeunesse, mais aussi la stratégie référendaire, ont dominé le premier débat réunissant les quatre candidats à la direction du Parti québécois, qui a eu lieu mardi midi devant plus de 300 étudiants réunis dans un auditorium de l'Université de Montréal.

Un texte de François Messier

Organisé par l'aile jeunesse du PQ, le débat, qui a duré 90 minutes, n'a pas donné lieu à des accrochages majeurs. Séparé en débats de trois minutes à un contre un, il a permis à chacun des candidats d'avancer plusieurs de ses propositions, mais sans que des débats vigoureux ne s'ensuivent vraiment.

Martine Ouellet, députée de Vachon, et Jean-François Lisée, député de Rosemont, ont tout de même décoché quelques flèches visant Alexandre Cloutier, député de Lac-Saint-Jean, qui a lui-même attaqué M. Lisée à quelques reprises en ressortant certaines des propositions que ce dernier a faites au cours de sa longue carrière politique.

M. Lisée et Mme Ouellet ont notamment profité de l'occasion pour proposer la gratuité scolaire pour les études supérieures. Le premier propose d'y parvenir graduellement pour les familles de la classe moyenne, tandis que la seconde défend la gratuité tous azimuts.

« Ça ne me dérange pas que les enfants de Desmarais et de Pierre Karl Péladeau paient le plein prix », a fait valoir le député de Rosemont.

Ses collègues font « la moitié du chemin » à ce sujet, a plaidé pour sa part la députée de Vachon. Si on veut des familles nombreuses, « c'est nécessaire d'aller vers la gratuité scolaire » pour tous, a-t-elle déclaré, avant de faire valoir que le Québec a « les moyens » d'y parvenir.

Disant vouloir créer le « meilleur système d'éducation au monde », M. Cloutier a plutôt proposé la gratuité scolaire à l'université pour 50 % des familles, pour que « quiconque puisse aller à l'université sans égard à l'épaisseur de son portefeuille ». Il a aussi plaidé pour la gratuité du matériel scolaire à tous les niveaux.

Rappelant qu'il avait défendu les « carrés rouges » lors du conflit étudiant du printemps 2012, Paul St-Pierre Plamondon a plutôt fait valoir la nécessité de réinvestir dans les universités et il a invité ses collègues à ne pas tomber dans la « surenchère ».

« Regardons la capacité budgétaire de l'État », a-t-il laissé tomber, en évoquant le spectre de Bob Rae, dont le gouvernement néo-démocrate a plongé l'Ontario dans le rouge au début des années 90.

Cette portion du débat a par ailleurs donné lieu à une première attaque de M. Cloutier envers M. Lisée. Le député de Lac-Saint-Jean a soutenu que son adversaire avait déjà proposé de moduler les frais de scolarité selon les programmes universitaires.

M. Lisée a répondu qu'il réfléchissait aux questions d'accès à l'éducation supérieure depuis 20 ans, mais il n'a guère eu le temps de développer ses idées avant que le temps de ce débat soit écoulé.

« T'es rendu où, sur Anticosti? »

Les attaques les plus senties contre Alexandre Cloutier sont venues de Martine Ouellet. Dès la première portion du débat, consacrée à l'économie et au développement durable, elle a soutenu que son collègue avait vacillé au sujet du bien-fondé de faire des forages sur l'île d'Anticosti.

Après lui avoir rappelé qu'il s'était d'abord prononcé contre ce projet, elle lui a lancé : « Tu as voté pour les trois forages sur l'île Anticosti » en février. « T'es rendu où, sur Anticosti? », a ajouté l'ex-ministre des Ressources naturelles du gouvernement Marois, en lui demandant comment il voterait si la même question lui était posée aujourd'hui. 

M. Cloutier a rappelé qu'il venait de dire clairement que, avec un Parti québécois dirigé par lui, « ce sera non au pétrole de schiste, non au gaz de schiste et non aux hydrocarbures ».

Cette réponse n'a cependant pas satisfait Mme Ouellet, qui a rétorqué : « Pas de réponse. » Visiblement agacé, M. Cloutier a répliqué : « J'ai dit non, Martine. Il me semble que c'est clair! »

Les deux candidats à la succession de Pierre Karl Péladeau ont aussi eu un vif échange vers la fin du débat, lorsque Mme Ouellet a accusé M. Cloutier de réclamer « un chèque en blanc » aux militants péquistes.

Lorsque M. Cloutier a rétorqué qu'il entend lancer huit chantiers sur l'indépendance dès le mois d'octobre, advenant qu'il remporte la course, Mme Ouellet s'est impatientée et s'est exclamée : « On les a, les réponses. » M. Cloutier lui a répondu du tac au tac : « Non, on ne les a pas. »

La volonté de Mme Ouellet de tenir un référendum sur la souveraineté dès le premier mandat lui a aussi valu des remontrances de M. Lisée, qui s'engage plutôt à mettre tout référendum au rancart pour un premier mandat, question de s'assurer d'abord et avant tout que les libéraux ne soient pas réélus. 

Quand Mme Ouellet a fait valoir que les Québécois sont prêts à accéder à l'indépendance, M. Lisée lui a répondu : « J'aimerais ça que tu aies raison, Martine, qu'on soit au seuil de l'indépendance », avant de soutenir que les chiffres démentent cet état de faits. « Le principe de réalité est aussi important que la volonté politique », a-t-il souligné.

Les deux candidats ont conclu le débat en étalant au grand jour leur lecture diamétralement opposée de la défaite du PQ à l'élection de 2014. Selon Mme Ouellet, la formation souverainiste a perdu parce que Mme Marois a « fermé la porte » à la souveraineté. « C'est le contraire », a répliqué M. Lisée. 

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