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Les chefs s'intéressent-ils à votre ville? La réponse en carte

Les chefs sillonnent le pays depuis le début de la campagne et leur itinéraire en révèle beaucoup sur leurs priorités. L'Ontario s'avère leur principale cible.

Radio-Canada a colligé tous leurs arrêts des chefs depuis le début de la campagne pour les cartographier. Plus un point est foncé, plus les chefs sont passés dans cette ville. Filtrez par chef et zoomez sur votre ville.

Pour regarder la carte sur votre appareil mobile, cliquez ici.

La bataille de l'Ontario

Avec le tiers des circonscriptions du pays, les élections se gagneront probablement en Ontario. Et comme la carte le montre, les chefs de partis y ont concentré l'essentiel de leurs énergies.

Justin Trudeau, Thomas Mulcair et Stephen Harper se sont focalisés dans la grande région de Toronto. M. Trudeau y est allé une vingtaine de fois, M. Harper une quinzaine de fois et M. Mulcair environ 10 fois.

C'est que dans cette région, les chefs ne peuvent rien tenir pour acquis. En 2011, les conservateurs ont remporté une quinzaine de circonscriptions traditionnellement libérales de Toronto et sa banlieue. Justin Trudeau compte bien les reprendre en octobre, mais les conservateurs tiennent à ces députés, qui leur ont assuré la majorité lors des dernières élections.

Pour voir le graphique sur la répartition des sièges sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Des réalités multiples

La carte électorale de 2015 donne une douzaine de nouveaux députés au Grand Toronto. Douze sièges qui feront l'objet d'âpres batailles.

Dans la ville-centre, on assistera à un duel entre les néo-démocrates et les libéraux. Le parti de Thomas Mulcair doit défendre ses acquis dans des circonscriptions comme Toronto-Danforth ou Davenport, tout en essayant de remporter de nouveaux sièges.

« On s'en va dans une lutte circonscription par circonscription », explique le journaliste Michel C. Auger. « Le NPD ne gagnera pas la majorité des sièges en Ontario, mais est-ce qu'il pourrait en grappiller suffisamment [pour l'emporter]? »

Les néo-démocrates, qui ont fait le plein de sièges au Québec, ont besoin de l'Ontario, soutient le politologue Ian Roberge. « Le NPD va tenter de s'incruster à Toronto », affirme-t-il. « Ils vont tenter de voler des circonscriptions aux libéraux. »

La bataille du 905

Dans la banlieue, la situation est tout autre. La lutte est avant tout entre libéraux et conservateurs. La carte des résultats bureau de vote par bureau de vote aux élections de 2011 est d'ailleurs révélatrice à sujet. Cliquez sur la carte pour les résultats détaillés.

Pour regarder la carte sur votre appareil mobile, cliquez ici.

« Traditionnellement, les communautés ethniques qui sont très présentes dans plusieurs circonscriptions de banlieue étaient acquises aux libéraux », explique Ian Roberge. « Mais depuis 2008-2011, les conservateurs ont travaillé très fort pour avoir leurs entrées dans ces communautés. »

Les troupes de Stephen Harper ont réussi en 2011 à ravir des bastions libéraux, comme Ajax, Richmond Hill et Mississauga-Est-Cooksville. « Ils ont réussi à cibler et à faire sortir le vote dans des régions où la machine n'était pas aussi bien rodée qu'ailleurs », précise Christian Noël, journaliste de Radio-Canada à Toronto.

Mais les minorités culturelles qui ont soutenu les conservateurs lors de la dernière élection leur seront-elles fidèles?

Le NPD vient lui aussi brouiller les cartes dans certaines circonscriptions, soutient Christian Noël. Aux élections provinciales, les néo-démocrates ont remporté un siège dans Brampton, au nord-ouest de Toronto, un exploit qu'ils aimeraient bien répéter au fédéral.

Ils comptent pour cela notamment sur le projet de loi C-51, adopté en mai dernier, et fortement rejeté par la communauté indienne, très présente dans cette région.

L'effet Wynne

En Ontario, Justin Trudeau a fait campagne à plusieurs reprises avec la première ministre libérale de la province, Kathleen Wynne. Mais cette association est « un couteau à double tranchant » pour le chef du PLC, selon le journaliste Christian Noël.

Pour une partie de l'électorat, l'effet est positif puisqu'ils espèrent qu'une victoire libérale aux élections fédérales aura des répercussions positives pour leur province.« M.Trudeau veut garder ses sièges au coeur de Toronto et c'est là que le parti provincial est fort », renchérit M. Roberge.

Pour d'autres cependant, insatisfaits de certaines politiques des libéraux provinciaux, cette accointance pourrait plutôt les pousser dans les bras du NPD.

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