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Les cibles de réduction des gaz à effet de serre du NPD sont-elles réalistes? L'épreuve des faits

Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair veut réduire les émissions de gaz à effet de serre à 34 % sous le niveau de 1990 d'ici 15 ans. Est-ce réaliste?

Un texte de Denis-Martin Chabot

Vérification faite : ce sera compliqué.

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Le plan néo-démocrate représente une baisse de 322 mégatonnes de GES d'ici 15 ans. 

L'Ontario et le Québec ont déjà prévu des baisses de 86 mégatonnes pour cette période. Baisses dont le NPD tient compte dans ses calculs.

Ces deux provinces ont déjà contribué à la réduction des GES au cours des 10 dernières années. L'Ontario a fermé ses centrales thermiques, réduisant ainsi de 20 % ses émissions par rapport à 2005. Le Québec, avec entre autres sa bourse du carbone, a réduit les siennes de 12 %.

Pendant ce temps, les émissions de GES en Alberta ont augmenté de 14 % depuis 2005, notamment en raison de l'exploitation de ses sables bitumineux. La nouvelle première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, annoncera ses cibles de réduction d'ici décembre, et on sait qu'elle envisage de fermer les centrales thermiques de la province, ce qui réduirait les émissions albertaines d'environ 40 mégatonnes.

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Il faudra faire plus si M. Mulcair veut atteindre ses objectifs. Le chef du NPD pense y arriver grâce à une bourse du carbone.

Certaines provinces en seraient soustraites : le Québec, qui en a déjà une, l'Ontario, qui entend s'y joindre, et la Colombie-Britannique, qui taxe déjà le carbone.

Des objectifs « très ambitieux »

Pierre-Olivier Pineault, professeur titulaire à la Chaire de gestion du secteur de l'énergie de HEC Montréal, juge ces objectifs difficiles à atteindre.

« Même pour le Québec et l'Ontario, [ce sera difficile] étant donné que leur secteur électrique est déjà sans émissions ou presque, et que leurs secteurs du bâtiment et du transport sont moins émetteurs qu'ailleurs au Canada. Il y a donc moins de gains à réaliser ici que dans l'Ouest », dit-il.

Dans l'Ouest, il s'attend à ce que les émissions augmentent si la production d'hydrocarbures continue de croître, avec le pétrole des sables bitumineux, mais aussi le gaz de schiste en Colombie-Britannique. C'est sans compter une résistance aux cibles ambitieuses dans cette région du Canada, qui serait plus pénalisée par un prix sur le carbone.

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