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Les Communes débattent des mesures des États-Unis sur l'immigration

Les députés de la Chambre des communes ont débattu, mardi soir, de la réponse canadienne aux interdictions de séjour et aux restrictions migratoires décrétées par le président des États-Unis, Donald Trump.

Le gouvernement de Justin Trudeau a maintenu la même position pendant le débat d’urgence, en se gardant de dénoncer le décret américain, ce que réclamait le NPD. Il a écarté également l'idée de hausser le nombre de réfugiés que le pays accueillera.

« Nous n'avons pas peur d'appeler un chat un chat. Il est temps de dire non à Donald Trump […] Il est temps que le gouvernement du Canada dise non à ces politiques racistes », a lancé le chef néo-démocrate Thomas Mulcair dans le discours d'ouverture de ce débat.

Le ministre fédéral de l'Immigration, Ahmed Hussen, a répété que rien ne changerait aux politiques canadiennes en matière de réfugiés pour l'instant. Il a promis de maintenir le contact avec les Américains pour « minimiser l'impact » du décret du président Trump.

Notre gouvernement est en contact avec l'administration des États-Unis et nous allons travailler avec eux pour nous assurer que les citoyens canadiens et les résidents permanents du Canada reçoivent de l'information à jour. Et le Canada va aider ceux qui se retrouvent coincés au Canada en route vers les États-Unis.

Le ministre fédéral de l'Immigration, Ahmed Hussen

Le ministre Hussen avait donné le ton dès le début de l'après-midi. « Nos niveaux d'immigration sont historiquement élevés relativement aux réfugiés et nous entendons maintenir notre plan », avait-il dit dans un impromptu de presse.

Cela constitue un revers pour le Nouveau Parti démocratique (NPD) qui a réclamé ce débat d'urgence. Le second parti d'opposition réclame du gouvernement Trudeau qu'il accepte plus de réfugiés et qu'il dénonce, du même souffle, les mesures coercitives du président Trump à l'encontre des voyageurs et des réfugiés.

Dans un décret annoncé vendredi dernier, Washington interdit aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane d'entrer aux États-Unis pendant trois mois, le temps de revoir les règles d'obtention de visas. Les pays visés sont la Syrie, l'Iran, l'Irak, la Libye, la Somalie, le Soudan et le Yémen. Les nouvelles mesures interdisent aussi l'entrée au pays de tout réfugié pour les quatre prochains mois, tandis que les réfugiés syriens sont interdits d'entrée jusqu'à nouvel ordre.

Ainsi, le président Donald Trump dit vouloir « maintenir les terroristes islamiques radicaux hors des États-Unis d'Amérique ».

Maintenir le dialogue avec Donald Trump

Le ministre Hussen estime que « la chose responsable à faire est de maintenir le contact et le dialogue [avec les États-Unis] et de suivre la situation de près afin de procurer l'information nécessaire aux Canadiens ». Pas question, donc, d'augmenter la cible de 40 000 réfugiés au pays en 2017.

Ahmed Hussen rejette aussi la suggestion faite par les néo-démocrates de suspendre sur-le-champ l'entente sur les tiers pays sûrs qui unit le Canada aux États-Unis. En vertu de cette entente, le Canada refoule les réfugiés venant des États-Unis parce qu'il ne les considère pas comme étant en danger en sol américain.

Aux yeux de la députée néo-démocrate Hélène Laverdière, cette entente doit être revue parce qu'« on ne peut plus avoir la garantie que les États-Unis vont traiter les réfugiés de manière adéquate ».

Thomas Mulcair insiste, Justin Trudeau résiste

Le ministre Hussen trouve encourageant le fait que l'administration Trump vienne d'accepter 872 réfugiés dont la démarche était déjà entamée au moment de l'entrée en vigueur du décret. « Cela prouve que la situation est fluide et qu'elle évolue constamment », dit-il.

Lors de la période de questions, mardi après-midi, le chef néo-démocrate Thomas Mulcair a pressé le premier ministre de dénoncer, « au nom des Canadiens le décret anti-musulman, lorsqu'il rencontrera le président américain [...] ».

Les paroles, ça suffit, c'est trop facile. Il est temps pour l'action.

Thomas Mulcair, NPD

Justin Trudeau a répliqué qu'il entendait continuer à défendre les valeurs canadiennes, sans formuler de critiques à l'égard de Donald Trump.

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