Retour

Les conservateurs à la reconquête de l'Atlantique

C'est la ville d'Halifax en Nouvelle-Écosse que les députés conservateurs ont choisie pour la tenue de leur caucus qui débute aujourd'hui. Si le but de l'événement est surtout de préparer le retour à la Chambre des communes la semaine prochaine, il est aussi de rebâtir les ponts avec l'Atlantique.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Le 19 octobre, les résultats des élections générales ont été dévoilés rapidement et laissaient peu de place à l'interprétation.

Les conservateurs, qui à la dernière élection avaient fait bonne figure dans les provinces de l'Atlantique, se faisaient cette fois montrer la porte.

Un raz-de-marée libéral a déferlé sur Terre-Neuve-et-Labrador, l'Île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Des provinces où les gouvernements provinciaux sont aussi libéraux.

C'est donc ici que les membres du caucus conservateur se réunissent. « On a un grand défi », a reconnu la veille de la rencontre le candidat à la direction du parti Maxime Bernier.

Évolution des résultats électoraux en Atlantique entre 2011 et 2015:

Autopsie d'une défaite

Parmi les raisons qui ont expliqué le mécontentement des électeurs de l'Atlantique à l'endroit des conservateurs, il y a entre autres le dossier de l'assurance-emploi. Le resserrement des règles du programme par le gouvernement Harper a mal été accueilli dans la région, où beaucoup de travailleurs dépendent d'emplois saisonniers.

Le politologue de l'Université de Moncton Roger Ouellette ajoute que l'origine de la relation tendue entre le Canada atlantique et les conservateurs remonte à plus loin.

La reconquête

Si la défaite a été cuisante en 2015, les conservateurs ne sont pas les premiers à connaître des revers en Atlantique. À l'élection de 1997, par exemple, tous les candidats du Parti libéral, alors dirigé par Jean Chrétien, avaient mordu la poussière en Nouvelle-Écosse. 

Les conservateurs espèrent donc que la tendance changera d'ici le prochain scrutin. Qu'après la vague libérale, un ressac finira par nuire au gouvernement Trudeau.

Parmi les dossiers auxquels Rona Ambrose et ses troupes accorderont une attention privilégiée, il y a celui de la nomination des juges à la Cour suprême.

Avec la réforme promise par Ottawa, les provinces de l'Atlantique pourraient perdre le siège qui leur est traditionnellement réservé. Il y a quelques semaines, la chef intérimaire du Parti conservateur publiait sur Twitter un message expliquant que le premier ministre Trudeau ne devait pas tenir pour acquis l'appui des Canadiens de l'Atlantique.

L'économie est également au coeur de la stratégie des conservateurs dans la région. Le parti espère que son appui au projet d'oléoduc Énergie-Est, réclamé par plusieurs au Nouveau-Brunswick, entraînera la sympathie de certains électeurs.

Le conservateur néo-écossais et membre de l'exécutif du PCC, Robert Batherson, croit aussi que, si la croissance économique promise par les libéraux ne se concrétise pas d'ici le prochain scrutin, les conservateurs auront des chances de faire gonfler leurs appuis en Atlantique. 

Bien sûr d'ici là il y aura le choix d'un nouveau chef conservateur en mai prochain. Pour l'instant, aucun candidat de l'Atlantique n'est sur la ligne de départ. L'ancien ministre de la Justice Peter MacKay, natif de la Nouvelle-Écosse, a choisi de ne pas se lancer dans la course.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un homme sauve un faucon d'une attaque de serpent





Rabais de la semaine