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Les convictions l'emporteront, dit Jean-François Lisée

Le Parti québécois affirme que ce sont ses convictions et les solutions crédibles qu'il propose à la population qui lui permettront de remporter les élections du 1er octobre.

Un texte d'Isabelle Maltais

Dans son bilan de session parlementaire, le chef du parti, Jean-François Lisée, s’est employé à démontrer que même s’ils disent vouloir améliorer les réseaux de l’éducation et de la santé, les libéraux et les caquistes ne font pas, dans les faits, de gestes en ce sens.

De motions en projets de loi déposés par le Parti québécois sur ces deux sujets et rejetés par le Parti libéral et la Coalition avenir Québec, M. Lisée a voulu souligner le manque de cohérence de ses adversaires.

« On a déposé une motion à l’Assemblée nationale demandant qu’on rénove toutes les écoles avant d’envisager une réduction de la taxe scolaire. Ils ont dit non. Une autre indiquant qu’on devait améliorer la qualité de l’enseignement avant la réduction de cette taxe. Ils ont dit non », a entre autres énuméré M. Lisée.

« S’il fallait que, par malheur, la CAQ ou les libéraux soient au pouvoir, […] ça pourrait aller mal pour nos enfants dans les écoles, car ils s’engagent à réduire les revenus scolaires », a-t-il conclu.

Selon lui, la situation a été la même en santé tout au long de la session parlementaire.

« On a déposé une motion pour dénoncer la surcharge de travail des infirmières et pour demander au gouvernement l’ajout immédiat d’effectifs pour régler cette crise. Les libéraux ont dit non, les caquistes n’ont pas eu le temps de parler. On a demandé de consacrer tout l’argent disponible en santé pour améliorer l’accessibilité aux services de santé et les conditions de travail des employés du réseau plutôt qu’à une hausse injustifiable de la rémunération des médecins. Les libéraux ont dit non », a indiqué M. Lisée.

« Là on a dit, on va faire la totale, parce nous on en a, des propositions. On a dit qu’il faudrait geler la rémunération des médecins, réinvestir les sommes dans les besoins, notamment en soin à domicile et en protection de la jeunesse, donner une vraie autonomie aux 200 000 professionnels en santé, notamment les infirmières et les pharmaciens, mettre en place un réseau de cliniques d’infirmières spécialisées en CLSC ouvert les soirs et les fins de semaine. Moi je pensais que tout le monde voterait pour ça. Mais non seulement les libéraux ont voté contre, mais les caquistes ont voté contre », a-t-il poursuivi.

Le chef du PQ affirme que pourtant, « en santé, nos propositions sont bonnes, ancrées dans le réel, applicables ».

L’économie et l'indépendance

Jean-François Lisée a également fustigé plusieurs décisions économiques prises par les libéraux et acceptées par la CAQ.

« Ça prendrait 25 % de contenu local dans l’acquisition de matériel de transport roulant. Et là on sait que c’est le refus des libéraux et de la CAQ de mettre cette clause dans les deux lois du Réseau express métropolitain (REM) qui explique pourquoi il y a des ouvriers en ce moment en Inde qui construisent notre train électrique à 2 $ de l’heure », a-t-il déploré.

M. Lisée a également dit avoir été surpris de voir qu’un projet de loi déposé par son parti pour aider les PME, « simple, facile, immédiatement efficace », n’avait pas été amené pour étude par les libéraux devant l’Assemblée nationale.

« Une chose facile qu’on pourrait faire immédiatement pour rendre la vie plus facile aux entrepreneurs est d’obliger les grandes compagnies qui ont acheté des services à ces entreprises de les payer dans 30 jours. Ils ne le font pas. Ça nuit à la liquidité de milliers de petites entreprises au Québec. Les libéraux ont refusé d’aider les petites entreprises », a-t-il critiqué.

Pour ce qui est de l’indépendance du Québec, M. Lisée n’a pas abordé lui-même le sujet dans son discours. Répondant à la question d’un journaliste, il a toutefois affirmé que « la souveraineté va faire partie de notre message ».

Le plan de son parti pour réussir l’indépendance du Québec « passe par ne pas voir des fédéralistes au pouvoir à compter du 1er octobre », a-t-il dit, répétant ensuite que cet enjeu serait plutôt abordé lors de l’élection de 2022, « par volonté de réussite et par respect du rythme des Québécois ».

L’oubli, le changement ou la conviction?

M. Lisée affirme que la seule chance de succès des libéraux lors des élections du 1er octobre est l’oubli des Québécois.

« Les libéraux espèrent que les Québécois ne se souviennent pas qu’ils ont mis à la porte ces centaines de professionnels en éducation, qu’ils ont largué des dizaines de milliers d’enfants en difficulté, qu’ils ont réduit les soins à domicile de Québécois handicapés », a-t-il rappelé.

Quant à la CAQ, ses chances de gagner le scrutin se trouvent dans « le changement à tout prix ».

« Ne regardez pas les détails, on n’a jamais gouverné, pensez juste à ça », a-t-il ironisé en parlant de la CAQ.

Selon lui, le Parti québécois est le mieux placé pour gagner, car il « offre des services aux gens, il prend soin des gens ».

« On s’occupe de notre monde de façon crédible, immédiate. On fait ce qu’on dit, on dit ce qu’on fait, on est des vrais. […] Parce que la vérité des convictions et des priorités, elle n’est pas dans les déclarations de principes. Elle est dans les budgets, les votes, les combats qu’on a menés », a-t-il conclu.

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