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Les défis de la rentrée parlementaire à Québec

Après deux mois loin des débats de l'Assemblée nationale, les députés reviennent à Québec pour commencer une nouvelle session parlementaire. Chaque parti a été secoué par des événements inattendus qui ont provoqué de petits tremblements de terre. Portrait d'une session qui commence mardi.

Une analyse de Sébastien Bovet

Parti libéral

L’équipe de Philippe Couillard est partie en vacances en se demandant qui serait démis de ses fonctions et qui serait promu, puisque le premier ministre pensait faire un important remaniement ministériel. Le brassage de cartes prévu ne s’est pas produit, mais les députés libéraux reviennent tout de même un peu ébranlés.

Leur doyen, Pierre Paradis, a été mis à l’écart parce qu’il fait l'objet d'une enquête policière. Leur collègue Gerry Sklavounos veut revenir au caucus après que le directeur des poursuites criminelles et pénales l’a blanchi de soupçons d’agression sexuelle.

Sur le fond des choses, l’incertitude provoquée par le vent de protectionnisme qui souffle sur les États-Unis obligera le gouvernement à être particulièrement vigilant. L’économie québécoise est dépendante du marché américain et des tarifs douaniers sur les produits du Québec pourraient ralentir l’activité économique. Sur la forme, on entend que le premier ministre voudra porter son message économique directement dans les régions du Québec, en passant peut-être un peu moins de temps dans la capitale.

Parti québécois

Depuis son arrivée à la tête du Parti québécois, Jean-François Lisée a démontré qu’il maîtrise bien les enjeux et qu’il connaît son parti.Jusqu’ici, il tire sur les bonnes ficelles. Il sera intéressant de voir comment Martine Ouellet agira, maintenant qu’elle est libérée de la « ligne de parti ». Elle promet de collaborer avec le Parti québécois, mais « Martine c’est Martine » comme disent certains péquistes, signe qu’elle est une femme de convictions, mais qui peut parfois avoir la tête dure.

Le PQ prépare son congrès des membres prévu l’automne prochain. Il y aura là un test pour son nouveau chef. Jean-François Lisée doit imprégner sa vision dans le parti, un défi pour n’importe qui, dans une formation qui ressemble parfois à un cheval sauvage. Mais jusqu’à maintenant, il a la bride bien en main.

Coalition avenir Québec

François Legault a traversé une petite crise avec son ex-député Claude Surprenant qu’il a finalement exclu du caucus à cause de comptes de dépenses discutables. La réunion du caucus de la CAQ en janvier a été complètement éclipsée par cette controverse, si bien que le message de la CAQ, qui se présente comme le « parti des familles », s’est perdu dans la gestion de crise. C’est un problème récurrent, malheureusement, pour M. Legault. Quand ce n’est pas une course à la direction du Parti québécois qui lui fait de l’ombre, c’est un député pratiquement inconnu de son caucus qui le fait mal paraître. Pour la CAQ, c'est cent fois sur le métier...

Québec solidaire

Le défi de Québec solidaire est de continuer sans Françoise David. L’annonce de sa retraite n’a surpris personne, mais elle s’est produite trop rapidement pour ne pas ébranler les fondations du parti. Car avec Amir Khadir, Mme David était l’âme et le cœur de Québec solidaire. Manon Massé incarne bien la relève, mais pour cette session parlementaire qui commence, elle et Amir Khadir pourraient manquer de souffle. On ne perd pas un membre d’un trio sans en subir les conséquences.

En terminant, le tragique attentat de la mosquée de Québec a été suivi de plusieurs plaidoyers pour changer le ton du débat politique. Il a beaucoup été question des mots utilisés dans les débats identitaires et sur la laïcité. Il sera intéressant de voir si les appels à la modération seront aussi entendus pour les autres sujets.

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