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Les députés conservateurs évitent le débat sur les zones protégées autour des cliniques d’avortement

Les députés du Parti conservateur uni (PCU) n'ont pas voté ni participé au débat sur le projet de loi 9, qui propose de créer des zones protégées autour des cliniques d'avortement, lorsqu'il a été débattu pour la première fois.

Le projet de loi a été révisé en deuxième lecture à l’Assemblée législative jeudi après-midi, mais les députés conservateurs ont quitté la pièce au moment du vote. Le projet de loi propose d’interdire de manifester à moins de 50 mètres d’une clinique pratiquant des avortements en Alberta.

Les amendes prévues pour les individus qui ne respectent pas cette limite seraient d’un maximum de 5000 $ et de six mois de prison pour une première infraction. Toute infraction supplémentaire serait punie d’une amende de 1000 $ à 10 000 $ et d’une peine de prison allant jusqu’à un an. Les organisations pourraient se voir infliger une amende maximale de 25 000 $ pour la première infraction, et de 100 000 $, pour la suivante.

La ministre de la Santé Sarah Hoffman était visiblement émue lorsqu’elle a parlé des histoires de patientes qu’elle a rencontrées à la clinique Kensington, à Calgary. Les députés du Parti conservateur uni, tous des hommes, regardaient leur téléphone ou leur ordinateur, ou travaillaient pendant qu’elle parlait.

« Elles ne méritent pas de se faire ignorer par leurs députés qui se cachent lorsque vient le temps de les protéger. Elles ne méritent pas une opposition qui courtise les groupes qui voudraient cesser le financement de leur assurance maladie et de leurs droits », affirme Sarah Hoffman.

Le PCU a d’ailleurs subi des pressions d’un groupe antiavortement pour débattre de la fin du financement de l’avortement lors de son congrès cette fin de semaine.

« Les femmes albertaines ne méritent pas d’être qualifiées de distractions », a ajouté la ministre, en référence au terme utilisé par le chef du PCU Jason Kenney pour décrire le projet de loi. Une fois que les élus ont voté, quelques députés conservateurs sont immédiatement revenus en chambre, sous les railleries des autres députés.

Avant de prendre un vol vers l’Arizona pour une conférence, la première ministre Rachel Notley a affirmé aux journalistes que le PCU faisait preuve de lâcheté et d’un manquement à ses devoirs.

Une « distraction », selon le PCU

La députée de Airdrie, Angela Pitt, est la seule députée conservatrice à avoir parlé du projet de loi, affirmant plus tôt ce mois-ci que son caucus ne voterait pas ni ne participerait au débat. Le chef Jason Kenney a quant à lui affirmé que le gouvernement néo-démocrate utilise ce projet de loi pour détourner l'attention de la population de son bilan économique.

Selon lui, ce projet de loi n’est pas nécessaire, puisque les cliniques pratiquant l’avortement ont déjà obtenu des injonctions pour tenir les manifestants à distance. Il croit que les dirigeants de ces cliniques peuvent retourner en cour pour élargir cette zone tampon.

Le personnel de la clinique Kensington à Calgary et Women’s Health Options à Edmonton affirment toutefois que ces injonctions n'imposent aucune pénalité aux manifestants qui reviennent sans cesse.

En plus des membres du NPD, les députés du Parti albertain Rick Fraser, Karen McPherson et Greg Clark, le libéral David Swann et le progressiste-conservateur Richard Starke ont voté pour le projet de loi lors de la deuxième lecture.

Le seul député dissident était l'indépendant Derek Fildebrandt. Celui-ci avait affirmé plus tôt qu’il était en faveur de protéger les femmes du harcèlement à l’extérieur des cliniques d’avortement. Il voulait cependant étendre le projet de loi pour qu’il couvre d’autres types de manifestations, un amendement qui a été battu en majorité en chambre.

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