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Les députés du PQ discutent ferme au sujet du registre québécois des armes à feu

Près de deux mois après le dépôt du projet de loi pour la création d'un registre québécois des armes à feu, les députés du Parti québécois (PQ) sont aux prises avec de vives discussions, voire des divisions sur cet enjeu que le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, qualifie de « délicat ».

La question donne lieu à des positions tranchées. Le débat illustre le fossé qui existe entre l'urbanité et la ruralité, comme le dit le député d'Abitibi-Ouest, François Gendron. Cet éventuel registre doit être remis en question, de l'avis de ce dernier.

« Les armes d'épaule sont déjà toutes enregistrées, fait valoir François Gendron. Personne ne m'a montré que ça prend quelque chose de neuf. » Le député d'Abitibi-Ouest déplore par ailleurs que, dans la foulée des discussions, les chasseurs « se sentent victimisés ».

Même son de cloche du côté de Gaétan Lelièvre, député péquiste de Gaspé : « Les chasseurs ont l'impression d'être vus comme des méchantes personnes, des gens qui sont méchants ». M. Lelièvre souhaite que l'Assemblée nationale tienne un vote libre sur ce projet de loi, dont la teneur indispose bien des chasseurs dans sa circonscription. « Moi, personnellement, je le souhaite, dit-il. On verra. »

Le projet de loi 64 sur l'immatriculation des armes à feu prévoit que toute arme « sans restriction » - essentiellement des armes de chasse - doit être immatriculée.

Pas de dissensions, mais des discussions

Bernard Drainville ne cache pas qu'il y a, au sein des troupes péquistes, un malaise à ce sujet : « Je ne dirais pas qu'il y a des dissensions, mais il y a des discussions. L'enjeu est délicat ».

Dans une conférence de presse donnée à mi-journée jeudi au terme du caucus du Parti québécois, à Saguenay, la présidente du caucus de l'opposition officielle, Nicole Léger, et le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, ont eu fort à faire pour convaincre les journalistes que « ce n'est pas de la division, c'est de la discussion ».

« On appuie la création d'un registre des armes à feu », a affirmé sans ambages Sylvain Gaudreault, précisant toutefois que les péquistes allaient jouer leur rôle de parlementaires et faire valoir les préoccupations de la population. « On continue d'appuyer le registre, mais on va poser des questions », a-t-il dit.

Sylvain Gaudreault a affirmé par ailleurs que le débat ne pouvait être tranché en mettant dans un camp les députés des régions et, dans un autre, les députés des villes. Il s'est lui-même cité en exemple : « Je suis un député de la région et je suis favorable au registre des armes à feu ».

« On a nous-mêmes déposé un projet de loi en février 2013, c'est que le PQ est favorable », a ajouté Sylvain Gaudreault.

« Nous autres, on se trouve très unis » - Nicole Léger

Nicole Léger a insisté : « Au caucus du Parti québécois, les gens disent ce qu'ils ont le goût de dire ».

Mais sur la question du vote libre que réclame le député Lelièvre, Mme Léger a adopté une position pour le moins ambiguë. « Personne ne va m'empêcher de voter ce que j'ai le goût de voter, dit-elle. Venez pas me dire aujourd'hui que, lorsque je me lève en Chambre, je ne vote pas librement. Je travaille avec mes collègues, j'ai une solidarité avec mes collègues et lorsqu'on a des discussions, on les fait dans notre caucus. Et, après, on a une décision qu'on a prise ensemble ».

Pressée de questions au sujet de la possibilité pour les députés de pouvoir se lever en Chambre afin de dire s'ils sont pour ou contre le registre des armes à feu, Mme Léger a rétorqué : « On n'en est pas rendus là ».

Avec les informations de Davide Gentile

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