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Les députés reviennent en chambre et Selinger y fera ses adieux

Les élus manitobains retournent sur les bancs de l'Assemblée législative mercredi, pour reprendre les débats sur la réforme de la santé, le financement de l'éducation, le cannabis et le prochain budget. Le député de Saint-Boniface, lui, viendra siéger une dernière fois avant d'officialiser son départ de la vie politique.

Un texte de Camille Gris Roy

Député néo-démocrate de Saint-Boniface depuis 1999, Greg Selinger a choisi la date du 7 mars pour tirer sa révérence. Il n’a pas accordé d'entrevues dans les jours précédant son départ, mais son bureau de circonscription indique qu’il présentera une déclaration de député en chambre mercredi après-midi.

« Je pense que ce sera sa journée, son moment pour partager son message […] et remercier ceux qui l’ont appuyé pendant beaucoup d’années », commente le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) du Manitoba, Wab Kinew.

Par la suite, la province aura jusqu'au 4 septembre pour tenir une élection partielle afin de combler le siège vacant de Saint-Boniface.

La démission de Greg Selinger survient dans la foulée de l’affaire Stan Struthers - cet ancien député et ministre du NPD accusé d’inconduites et de harcèlement par plusieurs femmes, à l’époque où M. Selinger était premier ministre.

Cette affaire a d’ailleurs relancé la discussion, depuis un mois, sur le harcèlement et le respect dans le milieu politique au Manitoba.

Des mesures contre le harcèlement

Le premier ministre, Brian Pallister, a annoncé un plan pour garantir un environnement de travail respectueux aux employés provinciaux et mieux encadrer le processus de plaintes, tandis que le NPD a lancé une commission. La présidente de l’Assemblée législative avait déjà, pour sa part, amorcé une révision des règlements qui assurent que le Palais législatif est un lieu de travail sécuritaire.

Les députés reviendront donc en chambre dans ce contexte particulier.

« Les attitudes sont certainement en train de changer très rapidement, avec ce qui s’est passé au cours des derniers mois aux États-Unis et maintenant au Manitoba », fait remarquer l’analyste politique Raymond Hébert.

Dossiers brûlants

Raymond Hébert estime que le thème de l’austérité dominera les débats ce printemps. « Il y a des réformes majeures en marche dans le système de santé, rappelle-t-il. Ça va continuer, notamment la réorganisation des salles d’urgence dans les hôpitaux de Winnipeg, qui a déjà fait couler beaucoup d’encre. »

En éducation, la province a annoncé qu’elle augmenterait son financement des écoles publiques de 0,5 % cette année - en deçà du 1 % de l'année précédente. Le gouvernement exigera aussi des divisions scolaires qu'elles réalisent des économies de 15 % dans leurs dépenses administratives, en plus d’imposer un gel de salaires et la centralisation des négociations collectives.

« Il y a 15 000 enseignants au Manitoba et on peut s’attendre à ce que ça aussi, ça soit très controversé, note Raymond Hébert. Et il faut souligner que ça enlève aussi du pouvoir aux commissions scolaires. »

Dix projets de loi ayant franchi le cap de la première lecture l’automne dernier reviennent sur la table, dont le projet de loi 11 qui précise le plan du Manitoba à l’approche de la légalisation du cannabis au pays. La province propose de fixer à 19 ans l'âge légal pour posséder, acheter ou consommer de la marijuana.

D’autres projets portent sur la protection des divulgateurs d’actes répréhensibles, la garde d’enfants, la gestion des eaux et la réduction du nombre de comité et conseils provinciaux.

Un budget le 12 mars

Le gouvernement déposera bientôt un budget, le troisième du ministre des Finances Cameron Friesen, qui sera présenté le lundi 12 mars.

Le premier ministre a déjà indiqué qu'il prévoit des réductions d’impôts, une baisse des frais d'ambulance, et qu'il souhaite se rapprocher un peu plus de l’équilibre budgétaire.

La province obtiendra plus d'argent du fédéral cette année grâce à la péréquation (une augmentation prévue de 217 millions de dollars). Elle pourra aussi compter sur une nouvelle taxe provinciale sur le carbone qui doit entrer en vigueur en 2018. Cependant, Brian Pallister souligne que ses efforts pour redresser les finances publiques ne sont pas terminés.

Ces entrées d'argent lui donnent une marge de manoeuvre supplémentaire, selon Raymond Hébert, « soit pour réduire les impôts carrément ou encore ralentir un peu les mesures d’austérité ».

« Mais ça ne me surprendrait pas de voir quand même des mesures plus draconiennes que ce qu'on a vu jusqu'à présent », ajoute le politologue.

Les souhaits des autres partis

L’opposition néo-démocrate anticipe plus de compressions. « Ce qu’on a vu de M. Pallister c’est qu’il sait seulement faire deux choses : couper les écoles et les hôpitaux », affirme le chef du NPD Wab Kinew.

« Nous avons [aussi] nos propres idées pour avancer des projets de loi, ajoute-t-il. Ça va être probablement sur des enjeux dans les milieux de travail pour sauvegarder la sécurité, pour les femmes et les autres, et aussi pour que la vie au Manitoba reste abordable. »

Le chef du Parti libéral du Manitoba affirme qu'il est temps « d’investir, améliorer les services et non pas les couper ». À l’approche du budget, Dougald Lamont rappelle certaines priorités de son parti : améliorer les finances d’Hydro Manitoba, mais aussi le traitement des dépendances et du diabète.

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