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Les élections partielles, un test pour les partis avant les élections générales

L'avantage des élections partielles sur les sondages, c'est qu'on peut mieux y discerner les comportements de électeurs qu'avec les modèles mathématiques des sondages. Et les résultats des partielles de lundi sont inquiétants pour les libéraux; ils annoncent une lutte à finir entre le PQ et la CAQ pour voir qui deviendra l'alternative au PLQ lors des élections de 2018.

Depuis un certain temps, on constate dans les sondages la faiblesse du Parti libéral du Québec (PLQ) auprès de l’électorat francophone. On voit maintenant ce que ça donne sur le terrain : le vote libéral traditionnel s'effondre dans certaines régions et on réussit à conserver un château fort comme Verdun de peine et misère.

Le statu quo au niveau des sièges à l’Assemblée nationale est bien trompeur : le vote libéral soit s’évapore ou bien il reste à la maison, ce qui n’est guère mieux.

La bête libérale est blessée. Mais elle est loin d’être morte et elle a souvent montré sa capacité de rebondir. Toutefois, l’usure du pouvoir fait son œuvre, tout comme une insatisfaction qui ne se dément pas dans l’électorat francophone et qui fait en sorte que les absents pourraient ne pas automatiquement « rentrer à la maison » le jour des élections générales venu.

Quelle place pour les partis d’opposition?

Pour les partis d’opposition, quelques constats deviennent évidents : il n’y a pas encore de parti qui soit en position de fédérer les voix des mécontents des libéraux.

La tâche la plus importante pour les partis d’opposition, tant pour le PQ que pour la CAQ, est de s’imposer comme étant la seule véritable alternative aux libéraux.

Sauf qu’on l’a vu lundi soir lors des élections partielles, la division du vote d’opposition n'est plus automatique partout sur le territoire. Si cette division du vote d’opposition était présente, les libéraux auraient eu une chance réelle dans Arthabaska. En lieu et place, ils ont vu leur vote reculer.

Arthabaska montre que la CAQ est capable de garder son électorat, malgré des difficultés locales. Il y a donc des députés libéraux qui ont raison d’être nerveux, surtout dans la grande région de Québec.

Par ailleurs, le PQ reste très en vie dans certaines régions, comme la grande région de Montréal. Ses victoires faciles dans Marie-Victorin et, surtout, Saint-Jérôme – des circonscriptions où la CAQ aurait pu être une menace.

Le gagnant de la bataille PQ-CAQ sera celui qui va gagner dans les circonscriptions marginales où il devrait pouvoir profiter de la baisse du vote PLQ. Un élément de réponse sera de voir quelle option, entre le nouveau fédéralisme de la CAQ ou la promesse de ne pas tenir de référendum du PQ, aura l’effet qu’il faut chez les électeurs libéraux désabusés.

Peu de croissance

Cela dit, les résultats d’hier ne montrent pas vraiment de croissance pour le PQ et la CAQ, qui conservent plutôt leurs acquis.

Pour la CAQ, les résultats évitent une crise de leadership qui aurait été inévitable advenant un blanchissage.

Pour le PQ, cela signifie qu’il n’y a pas – ou pas encore – d’effet Lisée. Ce n’est pas totalement sa faute; depuis son élection, plusieurs sujets, dont l’élection de Donald Trump, ont monopolisé les manchettes dans les médias. Il faudra voir ce que le nouveau chef péquiste pourra faire pour conserver la sorte de lune de miel dont il jouit avec l’électorat.

Enfin, il y a des leçons à tirer des résultats dans la circonscription de Verdun. La chose la plus significative est que le vote du PLQ n’est pas sorti. Et il n’est pas évident qu’il le fera nécessairement dans deux ans.

D’autant que le PLQ a fait campagne comme si nous étions encore dans les années 90, alors que le sud-ouest de Montréal est sans doute l’endroit où la démographie a le plus changé dans tout le Québec au cours des dernières années. Et on n’a pas vraiment adapté l’organisation électorale à cette nouvelle réalité.

Il y a plusieurs façons d'analyser le vote de Québec solidaire qui a pratiquement doublé en deux ans. Les péquistes y voient déjà la preuve que, si seulement les solidaires avaient voulu s’unir, il y aurait un député libéral de moins.

Ce serait vrai si et seulement si la motivation principale des électeurs de QS était la souveraineté. De toute évidence, ce ne l’est pas, tout comme il est clair que la politique identitaire de Jean-François Lisée les rebute.

En fait, en doublant presque son vote dans Verdun, QS devient non pas un partenaire mineur dans toute fusion, mais un partenaire qui va se considérer presque l’égal du PQ et donc capable de demander des compromis, pas seulement sur le plan des tactiques électorales, comme le voudrait le PQ, mais aussi sur les grandes orientations, ce que va refuser PQ.

De toute façon, l’élection de lundi démontre aussi qu’une telle alliance ne serait utile que sur l’île de Montréal. Il est de plus en plus clair que QS est aussi incapable de « passer les ponts », que la CAQ est incapable de le faire dans l’autre sens, pour entrer sur l’île…

La grande bataille des deux prochaines années sera donc le PQ contre la CAQ pour s’établir comme alternative aux libéraux. Ils ont moins de deux ans pour y arriver.

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