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Les environnementalistes craignent que TransCanada bâcle son étude d'impacts

Le gouvernement du Québec semble avoir un avis favorable à l'égard du projet de pipeline Énergie Est de la société TransCanada, selon une coalition d'organismes environnementaux qui déplorent la rapidité avec laquelle l'étude d'impacts environnementaux sera expédiée.

Le gouvernement a en effet annoncé le mois dernier que TransCanada produira en six semaines une étude sur l'impact de son projet, qui était réclamée depuis des mois.

« C'est impossible qu'en six semaines l'entreprise produise une étude d'impact détaillée sur un projet aussi compliqué », a déclaré le représentant de Greenpeace, Patrick Bonin, en entrevue à ICI RDI. « C'est le plus gros projet industriel du Québec. »

Sa collègue de la fondation Coule pas chez nous, Anne-Céline Guyon, souligne en guise d'exemple que l'étude d'impacts d'un projet de moindre envergure avait nécessité 15 mois de travail.

Cette coalition, composée de représentants de Greenpeace, de Nature Québec, de la fondation Coule pas chez nous et du regroupement Vigilance hydrocarbures Québec, craint que l'entreprise ne  profite d'une évaluation bâclée et complaisante.

Les organismes déplorent notamment que l'étude ne tienne pas compte des émissions de gaz à effets de serre (GES) ou de scénarios de déversements. « Le tuyau va traverser près de 600 cours d'eau au Québec, c'est un risque pour l'approvisionnement en eau potable de 3,2 millions de personnes », déplore M. Bonin. 

Ce dernier souligne que les émissions de GES du projet correspondraient, selon certaines études, à ajouter 9 millions de véhicules sur les routes de la province chaque année pendant 40 ans.

« [...] On va avoir une évaluation environnementale qui va se faire à vitesse grand V qui risque de ne pas couvrir tous les aspects majeurs de ce projet-là, comme les [émissions] de gaz à effet de serre (GES), les risques de déversements », poursuit M. Bonin.

Manque de transparence

Les organismes reprochent également au gouvernement de manquer de transparence dans le processus. Ils soulignent que l'entreprise, qui refusait depuis deux ans de déposer son avis de projet, a finalement consenti - sans toutefois reconnaître la légitimité du gouvernement du Québec dans le dossier - à présenter son projet.

« C'est inquiétant parce que c'est une tendance similaire à ce qu'on a vu avec le gouvernement Harper où le gouvernement met des processus en accéléré en place, des évaluations environnementales qui ne seront pas complètes, qui ne regardera pas les gaz à effet de serre », déplore M. Bonin.

En échange de cette apparente soumission à la loi québécoise obtenue par Québec, le gouvernement a abandonné son recours judiciaire contre TransCanada.

Le regroupement demande au ministre de l'Environnement David Heurtel « d'appliquer la loi correctement » sans se soumettre aux pressions du gouvernement fédéral ou de l'entreprise.

Le regroupement souhaite également que les quelque 400 mémoires reçus par le BAPE lors de la première série d'audiences soient récupérés et que TransCanada soit forcé de répondre aux questions des citoyens.

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