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Les Franco-Ontariens n'ont pas toujours accès aux mêmes informations gouvernementales que les anglophones

Sept ans après que le gouvernement se soit excusé pour avoir conçu un document de santé publique en anglais uniquement, le commissaire aux services en français constate que les communications gouvernementales en français ne se font pas toujours selon les règles.

Un texte de Julie-Anne Lamoureux

Des ministères et organismes continuent de violer la Loi sur les services en français, selon lui.

Dans un rapport d'enquête publié aujourd'hui et intitulé Une directive sans direction : les défis des placements publicitaires dans les médias francophones de l'Ontario, François Boileau conclut que les problèmes sont récurrents et « systémiques ».

Il demande que des changements soient apportés aux règles en place pour s'assurer que les ministères et organismes gouvernementaux assujettis à la Loi sur les services en français doivent rendre des comptes.

De quel type de publicités gouvernementales s'agit-il?

Le Commissariat aux services en français de l'Ontario fait référence à tous les messages d'intérêt public qui sont diffusés par le gouvernement.

Il peut s'agir de publicités pour encourager ou décourager un comportement, pour faire connaître aux Ontariens leurs droits et leurs responsabilités.

Par exemple, une campagne de publicité contre l'alcool au volant ou une autre pour encourager les gens à réduire leur consommation d'énergie.

Pour ce genre de publicités, les règles actuellement en vigueur stipulent que « l'information doit être diffusée dans les deux langues simultanément ».

Il faut également que les publicités tiennent compte de la réalité francophone et des besoins. Il ne suffit pas de traduire mot pour mot la publicité en anglais.

H1N1, en anglais seulement

En 2009, le gouvernement de Dalton McGuinty avait envoyé par la poste à tous les Ontariens un dépliant en anglais uniquement sur la grippe A (H1N1).

L'ancien premier ministre avait dû s'excuser publiquement. L'année suivante, le gouvernement a adopté une directive pour obliger tous les ministères et organismes gouvernementaux à considérer la communauté francophone pour ce genre de communications.

Le commissaire Boileau constate que les règles en place ne sont pas toujours suivies, connues, et surtout qu'il n'existe pas de mécanisme pour s'assurer qu'elles le soient.

En fait, il déplore que bien des acteurs engagés dans le processus de création des publicités ne soient pas suffisamment formés ou ne soient pas au courant des règles à suivre.

Il dit avoir reçu 30 plaintes entre avril 2014 et mars 2016.

Recommandations

Le Commissariat aux services en français recommande ainsi de renforcer et de modifier les règles pour s'assurer que les acteurs soient tenus de répondre de leurs actions et qu'un rapport annuel soit publié pour connaître le taux de conformité au règlement.

Il suggère aussi d'offrir une meilleure formation aux fonctionnaires responsables des communications et aux agences publicitaires engagées dans le processus.

Enfin, il recommande la mise en place d'un comité pour aider au développement et à la pérennité des médias francophones.

Réactions

La porte-parole en matière d'Affaires francophones du NPD, France Gélinas, estime que les francophones sont privés d'informations importantes.

Elle accuse les libéraux de « continuer à ignorer les francophones ».

« Il n'y a pas de conséquences, il n'y a pas de changements, dit-elle. On a un gouvernement libéral qui a fait le minimum. C'est pas comme ça qu'on respecte les francophones de l'Ontario. C'est pas comme ça qu'on s'assure que la francophonie soit capable de rayonner. »

La ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde, estime que le gouvernement s'acquitte bien de ses responsabilités en matière de communications en français, mais elle souhaite discuter avec les agences gouvernementales pour améliorer les choses pour la suite.

Elle admet toutefois qu'à quelques semaines du déclenchement des élections, il sera difficile de faire avancer le dossier.

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