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Les garderies réclament la démission d'un sous-ministre adjoint

Le Rassemblement des garderies privées du Québec (RGPQ) demande la tête du sous-ministre adjoint à la Famille. À l'issue d'une rencontre présentant les règles budgétaires pour l'application de la réforme du financement des services de garde, mercredi, le RGPQ dit ne plus avoir confiance en Jacques Robert.

Un texte de Julie Dufresne

« Nous demandons la démission du sous-ministre adjoint Jacques Robert », tonne la présidente du RGPQ, Julie Plamondon.

« On avait une bonne écoute du bureau du ministre, ajoute-t-elle. Notre impression, c'est que le ministre et son cabinet avaient compris nos préoccupations. Mais c'est comme si le ministre avait donné des directions et que le sous-ministre adjoint les ignore. Il n'a aucune idée des conséquences de ces décisions et du démantèlement que la réforme du financement va occasionner pour notre réseau. »

Toutes les associations des services de garde ont eu une rencontre avec le sous-ministre adjoint et le cabinet du ministre Sébastien Proulx mardi et mercredi. Mais les associations ont dû signer un document qui les empêche de révéler le contenu de ce qui leur a été présenté jusqu'à jeudi matin 7 h.

Sans dévoiler de détails, Julie Plamondon y voit « la confirmation de l'impossibilité de gérer les compressions de 120 millions de dollars ».

« Statu quo inacceptable »

De toute évidence, l'allocation de transition de 60 millions de dollars mise sur la table par Québec, qui avait permis de signer une entente regroupant toutes les associations en février n'a pas eu l'effet escompté. Le RGPQ avait déjà dénoncé les contraintes d'utilisations de cette somme.

« La diffusion du reportage avait provoqué des rencontres positives avec l'équipe de M. Proulx et on avait vraiment espoir qu'il nous avait entendus », dit Julie Plamondon.

L'association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) et l'Association des garderies privées du Québec ont préféré attendre la levée de l'embargo avant de commenter cette sortie en règle contre le sous-ministre adjoint. Mais « il y aura des choses à dire », nous a-t-on indiqué.

Pas les premiers remous

Seul le Conseil québécois des services de garde éducatifs à l'enfance (CQSGEE) s'est porté à la défense du sous-ministre adjoint.

« Jacques Robert, par expérience, c'est quand même quelqu'un d'intelligent et pertinent, il a sa place », a dit Francine Lessard, directrice générale du CQSGEE.

« Le ministre Proulx est un bonhomme solide. Penser que le sous-ministre adjoint va prendre des décisions contraires à des orientations ministérielles, ça ne tient pas la route. C'est donner beaucoup de pouvoir à un sous-ministre adjoint », ajoute-t-elle.

Des sources très près du dossier laissent toutefois entendre que ce n'est pas la première fois que le nom de Jacques Robert est évoqué. Son influence aurait déjà causé des remous chez les associations de service de garde.

Le cabinet du ministre a préféré ne pas faire de commentaire compte tenu des ententes convenues avec les associations sur la non-divulgation du contenu.

C'est la deuxième fois en quelques jours qu'un mandarin de l'État est sur la sellette. La semaine dernière, la sous-ministre aux Transports Dominique Savoie a été démise de ses fonctions après que son rôle et ses façons de faire eurent été critiqués par l'ancien ministre en titre, Robert Poëti.

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