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Les ingénieurs forestiers du Québec réclament une réforme de la gestion des travaux sylvicoles

À la lumière du rapport de la Vérificatrice générale du Québec, l'Ordre des ingénieurs forestiers du Québec (OIFQ) réclame une réforme majeure de la gestion des travaux sylvicoles par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) d'ici la fin de l'année 2017-2018.

L'OIFQ demande entre autres que des ingénieurs forestiers imputables soient chargés d’assurer le suivi des travaux sylvicoles ordonnés par le gouvernement, et dans lesquels ce dernier investit plus de 200 millions de dollars annuellement.

Actuellement, ces suivis ne sont pas nécessairement effectués, déplore l’Ordre.

« Le gouvernement ne sait pas si les travaux effectués portent fruit et ne peut donc ajuster ses choix en conséquence. Il agit comme un jardinier qui se contenterait de planter des graines et d'entretenir son jardin, sans jamais évaluer le résultat de son travail et le fruit de sa récolte », a souligné le président de l'OIFQ, François Laliberté, en entrevue à Midi info.

Le plus récent rapport annuel de la Vérificatrice générale du Québec fait écho aux propos des ingénieurs. Plusieurs critiques y sont adressées au MFFP en matière de travaux sylvicoles, notamment sur le nombre insuffisant de suivis d'efficacité, et sur les résultats attendus des investissements, qui « ne seraient pas toujours au rendez-vous ».

La problématique n'est pourtant pas nouvelle : elle avait déjà été soulevée en 2004 par la Commission Coulombe, et à nouveau en 2010 et 2015 par le Forestier en chef du Québec.

« Au fil des multiples réformes effectuées depuis 20 ans, il semble qu'on ait perdu de vue l'objectif premier des travaux sylvicoles : donner de la valeur à la forêt », s'est désolé François Laliberté.

Lourdeur bureaucratique

L'OIFQ juge que cette situation est particulièrement préoccupante parce qu'elle vient remettre en question la fiabilité des données sur l’état actuel des forêts québécoises, alors que le MFFP se base sur ces mêmes données pour octroyer des droits de coupe forestière.

Le problème ne vient pas d'un manque d'ingénieurs compétents au sein du ministère, a précisé l'OIFQ, mais plutôt de la lourdeur bureaucratique et du fractionnement des tâches.

« L'ingénieur forestier qui planifie les travaux n'est pas celui qui les applique et les supervise en forêt. Au bout du compte, personne n'est véritablement imputable du résultat des travaux », a expliqué M. Laliberté.

L'OIFQ propose d'attribuer chaque zone à un ingénieur forestier qui aurait la responsabilité d'assurer le suivi et le succès des travaux sylvicoles qui y sont effectués.

François Laliberté a souligné qu'une démarche similaire est déjà appliquée sur les territoires privés du Québec et que les résultats sont clairs.

« Par intérêt économique, ils s'assurent que chaque dollar investi permette à un maximum d'arbres de se régénérer et ça donne des résultats. Cette même logique doit s'appliquer aux forêts publiques, avec l'argent des contribuables », a-t-il expliqué.

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