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Les jeunes libéraux vont débattre d’un ordre pour les enseignants

PRIMEUR – L'éducation et l'enseignement supérieur semblent être les thèmes de l'heure dans l'arène politique québécoise. Cette fois-ci, ce sont les jeunes libéraux qui vont en débattre samedi et dimanche lors de leur congrès annuel. Et l'une des idées qu'ils souhaitent mettre de l'avant : un ordre professionnel pour les enseignants.

Un texte de Mathieu Dion, correspondant parlementaire à Québec

Le Congrès de la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec, qui se tient à la mi-août, donne généralement le coup d’envoi de la nouvelle année politique. Les jeunes libéraux débattent souvent de positions qu’ils qualifient d’audacieuses et qui font réagir dans l’espace public, à commencer par leur chef, Philippe Couillard.

Dans les dernières années, la privatisation de la SAQ, l’abolition des cégeps et l’idée de récompenser les mères de familles nombreuses ont par exemple fait l’objet de résolutions au congrès.

Cette fois-ci, la question d’un ordre professionnel pour valoriser le rôle de l’enseignement au Québec sera débattue parmi les membres réunis les 12 et 13 août à Sherbrooke. L’idée a souvent été évoquée dans les 20 dernières années, sans pour autant susciter un réel engouement.

Le président sortant de la Commission-Jeunesse, Jonathan Marleau, croit toutefois que le contexte a changé avec les technologies de l’information qui bouleversent les façons de faire, « où on sent qu’il y a une importance à accorder à cette valorisation de l’enseignement ».

L’opposition des syndicats

À l’heure actuelle, Jonathan Marleau est d’avis que les syndicats d’enseignement jouent ce rôle d’ordre professionnel, mais que leur première fonction peut les placer en conflit d’intérêts.

« La mission fondamentale des syndicats est au niveau de leurs membres et n’est pas axée sur le bien-être de l’élève ou de l’étudiant. Un ordre professionnel apporterait une vision non partisane, non politique, sans les intérêts liés à une convention collective ou à une négociation par exemple », dit-il.

Les syndicats ont traditionnellement rejeté la création d’un ordre par l’Office des professions du Québec. La priorité, selon eux, est d’abord de réinvestir dans les écoles et d’ajouter des ressources supplémentaires.

Une mauvaise idée, selon le syndicat

Le président de la Fédération autonome de l'enseignement, Sylvain Mallette, considère ce projet de création d'un ordre professionnel comme une mauvaise idée. Une idée qui, tel un serpent de mer, réapparaît périodiquement.

Pour M. Mallette, c'est faux de prétendre que les organisations syndicales ne sont pas conscientes des difficultés que peuvent rencontrer certains enseignants et enseignantes. Il se demande aussi où était la Commission-Jeunesse du Parti libéral quand le gouvernement Couillard a imposé des compressions de plus de 1,3 milliard de dollars.

« Où était la Commission-Jeunesse quand on a privé des élèves de services, de ressources? On ne l'a pas entendue et ils prétendent aujourd'hui s'inquiéter du sort des élèves alors que ce sont les organisations syndicales qui ont dénoncé, avec des parents, les effets dévastateurs de ces compressions-là, particulièrement sur les élèves en difficultés, les élèves les plus vulnérables », souligne Sylvain Mallette.

Une proposition qui pourrait être bien accueillie par Couillard

La politique sur la réussite éducative présentée en juin par le gouvernement libéral ne contenait rien sur la création d’un ordre professionnel.

En mêlée de presse, le premier ministre Philippe Couillard avait néanmoins précisé que « tout est sur la table ». « On a toujours dit qu’être enseignant ou enseignante, c’est une vocation; il faut maintenant que ce soit une profession », avait-il insisté.

La fonction d’un ordre professionnel est d’abord et avant tout de protéger le public. Il contrôle et surveille la compétence et l’exercice de la profession grâce à l’adoption de règlements.

Il existe 46 ordres professionnels au Québec réunissant 385 000 membres.

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