Retour

Les libéraux refusent d'entendre Daoust sur Rona

Les trois partis d'opposition à l'Assemblée nationale accusent à l'unisson les libéraux au pouvoir de bloquer la comparution de Jacques Daoust devant la commission de l'économie et du travail au sujet de la vente de Rona.

Les 13 membres de la commission, dont 7 libéraux, avaient été conviés jeudi matin à une séance de travail visant à statuer sur l'opportunité d'entendre l'ex-ministre des Transports et ex-président d'Investissement Québec.

Après une heure de discussion, le constat du président de la commission, Claude Cousineau, s'est avéré implacable. « Il n'y en a pas de consentement, donc je me dois de lever, d'ajourner la rencontre de ce matin », a-t-il dit.

« Ça a parlé fort, mais c'est sain. [...] C'est tout à fait normal. Une séance de travail, c'est comme ça », a-t-il ajouté, avant d'indiquer qu'il convoquera « très prochainement » une nouvelle séance de travail.

« À un moment donné, si on s'aperçoit qu'on tourne en rond, on essaiera de voir de quelle façon on peut mettre un terme à tout ça », a constaté M. Cousineau. « À quelque part, ça va se terminer par un vote. »

« Ça n'a pas de sens », déplore le PQ

Au sortir de la salle de réunion, le péquiste Alain Therrien, le caquiste François Bonnardel et le député de Québec solidaire Amir Khadir ont tour à tour dénoncé l'attitude des libéraux dans ce dossier.

« Ça n'a pas de sens que tous les libéraux là-dedans étaient complètement fermés comme des huîtres, ne voulaient rien savoir de faire passer M. Daoust », a déploré M. Therrien. « Ils ont un ordre d'en haut. »

Selon lui, il est essentiel que M. Daoust soit entendu par les parlementaires afin que les Québécois puissent notamment savoir « pourquoi il a menti [et] quelle est la vérité au sujet de la vente ».

« Les libéraux cautionnent le mensonge » - François Bonnardel

François Bonnardel, à l'origine de la requête visant à entendre non seulement M. Daoust, mais aussi le chef de cabinet du premier ministre Philippe Couillard, Jean-Louis Dufresne, n'a pas dit autre chose.

« Les libéraux cautionnent le mensonge » a-t-il déploré. Le député dit être « extrêmement déçu » que les députés Saul Polo et André Drolet, qui s'étaient montrés favorables à une convocation de M. Daoust, aient renoncé à défendre cette position.

Selon lui, M. Polo était absent ce matin, et M. Drolet n'a pas dit le moindre mot. « Tout indique aujourd'hui que ces députés sont bâillonnés par le premier ministre », a-t-il commenté. Toute l'affaire fait l'objet d'une « omerta », croit-il.

« Ça m'a paru plus clair que jamais que la députation libérale veut rejeter la faute sur M. Daoust. On a même entendu les gens traiter M. Daoust de menteur. Mais ça, c'est trop facile », a commenté pour sa part Amir Khadir, qui croit aussi que les libéraux cherchent à protéger M. Couillard.

Daoust, bouc émissaire dit Khadir

« On n'est pas ici pour jeter un blâme de mensonge sur une personne ou une autre. On est ici pour comprendre les mécanismes qui ont amené à la vente de Rona et empêcher que ça se reproduise », a encore dit M. Khadir.

La version des faits de M. Poëti n'est pas connue. Il a refusé de s'adresser aux journalistes à la sortie de la séance de travail. Tous les autres députés libéraux présents ont d'ailleurs fait de même. 

En plus de la demande de la CAQ d'entendre MM. Daoust et Dufresne, le Parti québécois demande d'entendre l'ancien ministre des Finances, Raymond Bachand, tandis que Québec solidaire veut faire comparaître l'ancien patron de Rona, Robert Dutton.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un sanglier est coincé sur un lac gelé





Rabais de la semaine