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Les libéraux veulent mettre la fonction publique « en mode start-up »

Si le gouvernement libéral est réélu en octobre, les fonctionnaires provinciaux pourraient parfois être libérés de leurs tâches régulières pour travailler en petits groupes sans hiérarchie et trouver des solutions à leurs problèmes en « libérant la parole, la créativité et la participation des plus jeunes », a annoncé jeudi le premier ministre Philippe Couillard.

Un texte de Vincent Champagne

« C’est une idée qui m’est venue en faisant le tour du Québec, en parlant à la fois aux fonctionnaires et aux gens des PME », affirme le premier ministre en entrevue à Radio-Canada.

Cette proposition se retrouvera dans la plateforme électorale du Parti libéral pour une mise en œuvre dans le prochain mandat, assure-t-il. Le ministre délégué aux Ressources informationnelles, Robert Poëti, est chargé de formuler la suggestion.

Philippe Couillard souhaite que les fonctionnaires identifient des problèmes liés à leur travail et qu’ils trouvent des solutions en formant de petits groupes composés de jeunes et de moins jeunes, « qui deviennent une sorte de PME dans le ministère ».

« Il n’y aura pas de frein à la créativité et à l’imagination des gens », insiste M. Couillard, pour qui les succès de ces méthodes dans le secteur privé doivent inspirer le public.

Depuis plusieurs années, les entreprises émergentes, particulièrement celles du secteur des technologies, offrent en effet des milieux de travail où la hiérarchie s’efface au profit d’un effort collectif. Ces méthodes de travail plaisent particulièrement aux jeunes générations, qui veulent sentir rapidement le poids de leur influence dans l’entreprise, rappelle M. Couillard.

Le premier ministre ne cache pas que cette méthode vise à favoriser l’attraction et la rétention du personnel au sein de la fonction publique québécoise, car le nombre de postes vacants est en hausse au sein du fonctionnariat. La politique de rémunération peu concurrentielle fait partie des irritants.

Les écarts de salaires restent en effet importants entre des postes similaires au municipal et au fédéral.

« Il ne faut jamais tomber dans le piège de la solution unique qui règle tout, dit M. Couillard. Les autres façons de valoriser la profession, c’est la qualité des mandats confiés, c’est la question de la rémunération et d’organisation du travail, la flexibilité, la conciliation famille-travail. »

En février dernier, le gouvernement annonçait qu’il allait moderniser les espaces de travail des fonctionnaires en les rendant plus attrayants, entre autres en abandonnant l’usage des cubicules gris, une autre façon de motiver les employés, surtout les plus jeunes.

Un syndicat insatisfait

La mesure annoncée par le premier ministre fait sourciller Richard Perron, président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec.

« Pensez-vous que, parce qu’on part une nouvelle idée de start-up et qu’on essaie d’imaginer une nouvelle façon de penser la fonction publique en partant de zéro, mais en offrant un salaire à 40 000 $ de moins qu’à la Ville de Montréal, ça va être assez pour convaincre quelqu’un de choisir le gouvernement du Québec au lieu de la Ville de Montréal? », dit-il.

« Au bout de la ligne, on a beau imaginer les plus belles architectures dans nos têtes, il y a une obligation de résultat. Il faut rendre des services à la population. Si on n’a pas les effectifs en nombre suffisant, si on n’est pas capables d’attirer et de retenir les meilleurs, qu’on est des portes tournantes parce que nos salaires sont bien en-dessous du marché, ça ne sert à rien d’avoir toutes ces discussions-là », soutient M. Perron.

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