L'insulte, la moquerie et les phrases creuses ont leurs limites en politique. Le deuxième débat des candidats républicains mercredi soir, en Californie, en a fait la démonstration.

Une analyse de Christian Latreille correspondant à Washington

Le favori, Donald Trump, a été attaqué de toutes parts dès l'ouverture du débat. De Jeb Bush à Carly Fiorina, personne n'a hésité à administrer à Trump sa propre médecine. Et ses techniques de dénigrement se sont retournées contre lui. Plusieurs de ses attaques et répliques ont eu l'effet d'un pétard mouillé.

Trump a mal paru quand Fiorina, l'ex-PDG de Hewlett/Packard, lui a reproché d'avoir mis en faillite ses compagnies à quatre reprises. Fiorina lui a aussi rappelé que toutes les Américaines avaient entendu ses remarques sexistes sur son apparence physique. Il a également été embarrassé au moment où Jeb Bush lui a demandé de faire des excuses à sa conjointe, qu'il aurait insultée.

Bien s'entendre avec Poutine pour régler la crise syrienne?

Mais les limites du style Trump se sont surtout fait sentir lorsque les questions sérieuses de politique étrangère ont surgi. Le modérateur de CNN a demandé comment empêcher le président russe d'aider militairement le régime Al-Assad, en Syrie. Le milliardaire a répondu qu'il tenterait tout d'abord de bien s'entendre avec Vladimir Poutine.

Avoir de bonnes relations avec le président russe va-t-il régler le problème en Syrie? Poser la question c'est un peu y répondre.

Donald Trump a proposé des solutions simples à des problèmes complexes, comme il le fait depuis le début de sa campagne. Il a fait la démonstration, à plusieurs reprises, que ses connaissances en matière de politique étrangère sont très limitées.

Le parti républicain, au-delà de Trump

Les républicains souhaitaient sortir du cirque des attaques personnelles, engendré par la candidature de Trump. Ils ont voulu démontrer aux Américains que le parti est sérieux et prêt à reprendre la Maison-Blanche. Un pari en partie gagné, puisque les 11 candidats ont aussi beaucoup débattu de politique étrangère, d'immigration, d'économie et d'avortement.

C'est Carly Fiorina qui a marqué le plus de points mercredi soir. Elle qui ne s'était pas qualifiée pour le premier débat en heure de grande écoute a fait preuve d'assurance et de combativité. Elle a aussi été la plus applaudie par le public présent à la bibliothèque présidentielle de Ronald Reagan, à Simi Valley.

Elle est maintenant troisième dans les intentions de vote, en vue de la primaire en février au New Hampshire, derrière Donald Trump et le Dr Ben Carson.

Ce débat marque-t-il la fin de la montée spectaculaire de Donald Trump dans les sondages? Peut-être. Le public américain constate que les mêmes répliques faciles et les attaques gratuites reviennent un peu trop souvent dans la bouche du milliardaire.

L'élection présidentielle est un marathon et non un sprint. Donald Trump pourrait manquer de munitions.

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