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Les maires peuvent-ils vraiment faire la différence à la conférence sur le climat?

Partout dans le monde, on ne compte plus les villes qui s'investissent dans la protection de l'environnement et la lutte contre les changements climatiques. Insatisfaits des tergiversations des gouvernements centraux, les maires prennent les devants. Ils mettent en place leurs propres solutions et aspirent même à influencer le cours des négociations internationales.

Un texte de Hugo Lavallée

Alors que la conférence de Paris débute dans moins d'une semaine, des maires de villes de toutes tailles se préparent à s'envoler pour la France, où convergeront les chefs d'État des plus grandes puissances.

« Il y a cinq ans, les chefs de gouvernement ont échoué à s'entendre lors de la conférence de Copenhague. Les villes ont décidé qu'elles n'attendraient pas les gouvernements centraux et elles ont décidé d'agir. Plusieurs initiatives sérieuses ont été prises, notamment par des villes canadiennes », explique Carl Pope, conseiller principal de Michael Bloomberg.

Ce dernier, qui a été maire de New York pendant 12 ans, a été nommé en janvier 2014 - par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon - envoyé spécial des villes dans le cadre de la conférence de Paris.

« Les villes qui ont posé des gestes ces dernières années veulent maintenant s'impliquer à tous les niveaux, y compris au niveau des négociations internationales. Elles veulent faire partie de cette communauté internationale qui, ensemble, pense à des politiques qui pourraient permettre de lutter contre les changements climatiques », explique Éric Montpetit, professeur de science politique à l'Université de Montréal.

C'est donc par milliers que des maires d'un peu partout sur la planète se rendront à Paris, alors que ces conférences internationales sont habituellement réservées aux chefs d'État.

Touchées par les changements climatiques

Si les maires se sentent plus interpellés qu'auparavant, c'est que les conséquences des changements climatiques sont de plus en plus manifestes. Périodes de sécheresse ou de précipitations accrues, inondations, tempêtes, incendies... les événements météorologiques se succèdent et les maires doivent souvent y faire face seuls.

La question se pose toutefois : dans un forum où la voix des grandes puissances est prépondérante, les maires peuvent-ils réellement espérer faire la différence?

« Disons que ça va être difficile de dire que tel article de l'entente est attribuable à telle ville ou à telle province. Sauf qu'une province ou une ville qui participe et qui se sent impliquée dans la négociation d'un traité comme celui-là va peut-être aussi être plus motivée après à mettre en oeuvre ses dispositions », fait valoir le professeur Éric Montpetit.

Influence limitée

Quoi qu'il en soit, même si leur influence sur le cours des affaires internationales a ses limites, les maires se disent que c'est en agissant concrètement pour limiter les émissions de gaz à effet de serre qu'ils risquent d'avoir l'impact le plus tangible.

Au-delà des villes, les États fédérés - qu'il s'agisse de provinces canadiennes ou d'États américains ou mexicains, par exemple - se mobilisent aussi pour participer à cette conférence. Plusieurs de leurs représentants seront sur place à Paris pour faire valoir leur point de vue, eux qui n'ont pas non plus l'habitude de participer à ce genre de grands rendez-vous internationaux.

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