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Les médias, des « parasites », dit un sénateur après l’exclusion de Lynn Beyak

Au lendemain de l'expulsion de la sénatrice Lynn Beyak d'un comité, l'un de ses collègues lui a assuré qu'elle avait l'appui du caucus tandis qu'un autre a qualifié les médias de « parasites ».

Le président du comité sénatorial de l’agriculture, Ghislain Maltais, était mécontent de voir débarquer des journalistes, jeudi, avant le début de la séance, montrent des images captées par CBC.

Tout juste après avoir affirmé à la sénatrice Beyak que « tous les membres du caucus » étaient derrière elle, il a tenté de chasser les reporters de la société d’État.

« Dehors! », a-t-il tonné plusieurs fois à l’intention des journalistes, qui n’enfreignaient aucune règle en étant dans cette salle de comité jusqu’à ce que s’amorce la réunion à huis clos.

Devant le refus de ces derniers de quitter les lieux, le sénateur Maltais s’est levé pour aller chercher des représentants des services de sécurité de la colline du Parlement. Le sénateur Maltais est revenu, s’est rassis, et c’est alors qu’un autre sénateur conservateur, Kelvin Ogilvie, s’est adressé à Lynn Beyak.

Il lui a lancé : « Je vois que les parasites vous suivent encore ». La remarque a fait rire sa collègue.

Lorsque les journalistes ont demandé au sénateur Ogilvie s’il les avait qualifiés de « parasites », ce dernier a dit « ne pas se souvenir de cela », selon les images disponibles sur le site Internet de CBC.

Quelques heures après l’incident, le sénateur Maltais a expliqué avoir ressenti la nécessité d’alerter la sécurité pour faire cesser le « harcèlement » que subissait, selon lui, Mme Beyak.

« J’ai répondu à l’appel d’une dame en détresse », a-t-il plaidé en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

« Moi, comme homme, je ne tolère pas qu’on intimide une femme. J’ai demandé à Mme Beyak si elle voulait que je fasse venir la sécurité, elle m’a dit oui. J’aurais été un lâche si je ne l’avais pas fait », a insisté le sénateur.

Les journalistes, a-t-il assuré, sont toujours « les bienvenus » aux réunions du comité sénatorial de l’agriculture -- mais à une condition : qu’ils posent des questions sur l’agriculture.

« Moi, je suis au comité de l’agriculture, je ne parle pas d’autre chose », a martelé le sénateur conservateur, se défendant de dicter une ligne de conduite aux représentants de la presse.

« Non, non, non. Les journalistes peuvent dire n’importe quoi sur n’importe quel sujet. C’est leur choix. En dehors du comité, on peut parler de n’importe quoi », a-t-il offert.

La sénatrice Lynn Beyak a été expulsée mercredi du comité sénatorial sur les peuples autochtones par le leadership conservateur pour avoir tenu des propos controversés sur les pensionnats autochtones.

Elle s’était attiré les foudres de plusieurs députés, tous partis confondus, de certains de ses collègues à la chambre haute et d’organisations autochtones après avoir suggéré qu’il y avait de « bonnes intentions » derrière ces institutions.

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