Retour

Les militants pour la réforme électorale à l'Î.-P.-É. dénoncent la loi référendaire

La Coalition pour la représentation proportionnelle de l'Île-du-Prince-Édouard a décidé de cesser ses activités à la fin du mois de mai. Le groupe estime que ses actions seront limitées par l'adoption sous peu d'une loi référendaire à l'Assemblée législative.

Un texte de François Pierre Dufault

Une fois adoptée, cette loi va empêcher des groupes d'intérêts, comme la Coalition, d'amasser des fonds et de faire campagne en vue du référendum sur la réforme du mode de scrutin, qui doit avoir lieu en marge des prochaines élections provinciales.

Les électeurs seront appelés à répondre « oui » ou « non » à la proposition de changer le mode de scrutin uninominal majoritaire à un tour de l'Île-du-Prince-Édouard pour un mode de scrutin proportionnel mixte.

« Si on regarde cette loi en détail, c'est clair qu'elle a été écrite pour restreindre la liberté des citoyens de l'Île-du-Prince-Édouard de discuter de la question de la réforme électorale, qu'ils soient pour ou contre », affirme Mark Greenan, qui est un membre de la première heure de la Coalition pour la représentation proportionnelle.

La Coalition a fait campagne lors du plébiscite de 2016 sur la réforme du mode de scrutin. Une courte majorité d'électeurs avait alors voté pour que la province adopte un mode de scrutin proportionnel mixte.

Mais jugeant le taux de participation trop faible, le premier ministre Wade MacLauchlan a promis de tenir un référendum afin de valider le choix des Insulaires.

Commissaire indépendant

La loi référendaire prévoit l'établissement d'un camp du « oui » et d'un camp du « non », sous la supervision d'un commissaire indépendant. Ces camps seront financés à hauteur de 75 000 $ chacun par le gouvernement. Les partis politiques et les groupes d'intérêt ne pourront pas s'immiscer dans le débat.

Chaque électeur pourra aussi investir jusqu'à 500 $ de sa poche dans les campagnes.

Mark Greenan croit que dans les circonstances, la dissolution de la Coalition pour la représentation proportionnelle était la meilleure chose à faire.

Le chef du Parti vert, Peter Bevan-Baker, estime pour sa part que la loi référendaire brime la liberté d'expression des Insulaires. Il doute même que le document survive à une contestation judiciaire.

« Le projet de loi a été rédigé dans le secret le plus total, dans le bureau du premier ministre et sans aucune consultation », déplore le chef du deuxième parti d'opposition.

Lors d'un long plaidoyer à l'Assemblée législative, la semaine dernière, Peter Bevan-Baker a demandé aux députés de retarder l'adoption du projet de loi référendaire afin d'y apporter d'importantes modifications, ce que les libéraux et les progressistes-conservateurs ont refusé de faire.

La loi pourrait être adoptée en troisième lecture d'ici la fin de la semaine.

Le Parti vert et le Nouveau Parti démocratique sont membres de la Coalition pour la représentation proportionnelle de l'Île-du-Prince-Édouard.

Plus d'articles