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Les nouvelles conventions collectives aggravent les problèmes de Phénix, selon Steven MacKinnon

Le secrétaire parlementaire de la ministre responsable du système de paye Phénix attribue à la signature de nouvelles conventions collectives les 9000 nouvelles plaintes déposées depuis le début du mois d'août.

Ces plaintes, formulées par des fonctionnaires fédéraux qui ont été surpayés, sous-payés ou impayés, font grimper à 237 000 le nombre de dossiers non résolus.

Le député de Gatineau, Steven MacKinnon, qui agit aussi à titre de secrétaire parlementaire de la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement, montre du doigt les nouveaux contrats de travail dans la fonction publique pour expliquer la récente vague de plaintes.

« Nous avons cette nouvelle poussée de négociations à faire », a-t-il raconté en entrevue à Ontario Today sur les ondes de CBC, lundi « Nous comprenons que les gens ont été très patients et nous avons aussi poussé les limites de la patience de plusieurs fonctionnaires. »

Augmentations, bonis et remboursements

Le gouvernement fédéral s’est récemment entendu avec des syndicats représentant 90 % de la fonction publique. Or, Ottawa éprouve désormais de la difficulté à implanter les changements négociés, qui comprennent notamment des augmentations salariales, des primes de rendement et des paiements rétroactifs, a expliqué M. MacKinnon.

Le député de Gatineau a aussi indiqué que lorsque ces enjeux seront réglés, le gouvernement pourra concentrer ses efforts et ses ressources au règlement des cas liés au système Phénix jusqu’à ce qu’un « état stable » soit atteint.

« Nous réglerons ce problème dans un avenir rapproché », a déclaré M. MacKinnon, sans toutefois offrir d’objectif précis. Ce dernier a stipulé qu’il ne voulait pas « offrir une date spécifique que l’on pourrait ne pas atteindre ».

CBC rapportait la semaine dernière que près de la moitié des fonctionnaires fédéraux payés via le système Phénix ont ouvert un dossier concernant un problème avec une paye. Qui plus est, Radio-Canada a obtenu des données montrant qu’en date du 8 août, 156 035 employés avaient attendu plus de 30 jours avant de voir leur plainte être traitée.

Des dirigeants syndicaux ont aussi accusé le gouvernement fédéral de vouloir cacher ces chiffres afin de ne pas dévoiler l’ampleur du problème.

Remaniement ministériel

L’annonce du départ de la ministre Judy Foote, la semaine dernière, a contraint le premier ministre Justin Trudeau à effectuer, lundi, des changements au sein de son Cabinet.

Dans la foulée de cette valse ministérielle, c’est la députée de Delta, en Colombie-Britannique, Carla Qualtrough, qui a pris la place de Mme Foote à la tête de Services publics et Approvisionnement Canada, le ministère qui supervise le dossier du système Phénix.

« C’est un enjeu très complexe », a admis Mme Qualtrough. « Nous pensons que c’est un problème majeur. Après en avoir discuté avec les autres membres du Cabinet, je pense que nous sommes sur la bonne voie, mais qu’il reste encore beaucoup d’obstacles à surmonter. »

La nouvelle ministre a personnellement assuré aux fonctionnaires touchés par les problèmes de paye qu’ils méritent d’être payés correctement

« J’ai hâte d’être mise au courant de tous les détails, afin de pouvoir remédier à la situation le plus tôt possible pour les fonctionnaires qui ont attendu si longtemps que cette situation soit réglée », a-t-elle déclaré.

Un « bulletin de paye » pour plus de transparence

Un groupe de travail ministériel mandaté par le premier ministre Trudeau pour corriger les problèmes de paye a aussi annoncé, lundi, la mise en place d’un nouveau « bulletin de paye » afin d’être plus transparent.

Ce bulletin montre que le Centre des services de paye de la fonction publique, situé à Miramichi, au Nouveau-Brunswick, a de la difficulté à répondre au flot constant de nouveaux cas.

Néanmoins, 49 % des cas traités là-bas le sont dans les délais prescrits, ce qui représente une nette amélioration par rapport à juillet, alors que seulement 35 % des cas étaient résolus à temps.

La facture pour réparer les dommages causés par Phénix s’élève désormais à environ 402 millions de dollars, soit plus que les 309,5 millions de dollars qu’a coûté l’implantation du système à l’origine.

D'après le texte de la journaliste Ashley Burke de CBC

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